‹ La crise du monde moderneChapitre 108 sur 147 · L-Q ds · texte numérisé non relu

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rieures oubliées, de l’intellectualité détruite,

de la spiritualité disparue; nous prenons simplement la civilisation moderne en elle-même

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et nous disons que, si l’on mettait en parallèle

les avantages et les inconvénients de ce qu’elle

a produit, le résultat risquerait fort d’être négatif. Les inventions qui vont en se multipliant actuellement avec une rapidité toujours croissante sont d'autant plus dangereuses qu'elles mettent en jeu des forces dont la véritable nature est entièrement inconnue de ceux mêmes qui les utilisent ; et cette ignorance est la meilleure preuve de la nullité de la science moderne sous le rapport de la valeur explicative, donc en tant que connaissance, même bornée au seul domaine physique; en même temps, le fait que les applications pratiques ne sont nullement empêchées par là montre que cette science est bien orientée uniquement dans un sens intéressé, que c’est l’industrie qui est le seul but réel de toutes ses recherches. Comme le danger des inventions, même de celles qui ne sont pas expressément destinées à Jouer un rôle funeste à l'humanité, et qui. n’en causent pas moins tant de catastrophes.

sans parler des troubles insoupconnés qu’elles provoquent dans l’ambiance terrestre, comme ce danger, disons-nous, ne fera sans doute

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qu'augmenter encore dans des proportions difficiles à déterminer, il est permis de penser. sans trop d’invraisemblance, ainsi que nous l’indiquions déjà précédemment, que c’est peut-être par là que le monde moderne en arrivera à se détruire lui-même, s 1! est incapable de s'arrêter dans cette voie pendant qu'il en est encore temps.

Maus 1l ne suffit pas de faire, en ce qui concerne les inventions modernes, les réserves qui s'imposent en raison de leur côté dangereux, et 1l faut aller plus loin : les prétendus « bien laits » de ce qu'on est convenu d'appeler le « progrès », et qu'on pourrait en effet consentir à désigner ainsi si l’on prenait soin de bien spécifier qu'il ne s’agit que d’un progrès tout matériel, ces « bienfaits » tant vantés ne sont-ils pas en grande partie 1llusoires? Les hommes de notre époque prétendent par là accroître leur « bien-être »; nous pensons, pour notre part, que le but qu'ils se proposent ainsi, même s’il était atteint réellement, ne vaut pas qu’on y consacre tant d'efforts; mais, de plus, il nous semble très contestable qu'il soit atteint. Tout d'abord, il faudrait tenir compte du fait que tous les hommes n’ont pas les mêmes goûts n1 les mêmes besoins, qu'il en est encore malgré tout qui voudraient échapper à lagi-

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