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une contradiction en lui-même, et, quand on veut tout réduire au changement, on devrait en arriver logiquement à nier l'existence même du changement ; au fond, les arguments fameux de Zénon d’Elée n'avaient pas d'autre sens.
11 faut bien dire, en effet, que les théories du wenre de celles dont il s’agit ne sont pas exclusivement propres aux temps modernes, car il ne faut rien exagérer, on peut en trouver quelques exemples dans la philosophie grecque, et le cas d'Héraclite. avec son «écoulement universel », est le plus connu à cet égard, c est même ce qui amena les Eléates à combattre ces conceptions, aussi bien que celles des atomistes, par une sorte de réduction à l'absurde. Dans l'Inde même, il s’est rencontré quelque chose de comparable, mais, bien entendu, à un autre point de vue que.celui de la philosophie; le Bouddhisme, en effet, : présenta aussi le même caractère, puisqu'une de ses
thèses essentielles était celle de la « dissolubihté
de toutes choses »!. Seulement, ces théories
{ Le Bouddhisme fut, à son origine,.une des principales manifestations de la révolte des Kshartyas contre l'autorité des Bréhmanes; or, d’une façon générale, il existe un lien très direct, comme il est facile de le comprendre par les indications qui précèdent, entre la négation de tout principe immuable et celle de l'autorité spirituelle, entre la réduction de toute
péalité au « devenir » et l'affirmation de la suprématie qu
pouvoir temporel, dont le domaine propre est le monde de
n'étaient alors que des exceptions, et de telles révoltes contre l'esprit traditionnel, qui ont pu se produire pendant tout le cours du Kali- Yuga, n'avaient en somme qu’une portée assez limitée; ce qui est nouveau, c’est la généralisation de semblables conceptions, telle que nous la constatons dans l'Occident contemporain.
Il faut noter aussi que les « philosophies du devenir », sous l'influence de l'idée très récente de « progrès », ont pris chez les modernes, üne forme spéciale, que les théories du même genre n'avaient jamais eue chez les anciens : cette forme, susceptible d’ailleurs de variétés multiples, est ce qu’on peut, d’une façon générale, désigner par le nom d’ « évolutionnisme ».
Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons déjà dit ailleurs à ce sujet; nous rappellerons seulement que toute conception qui n'admet rien d'autre que le « devenir » est nécessairement, par là même, une conception « naturaliste », impliquant comme telle une négation formelle de ce qui est au delà de la nature, c’est-à-dire du domaine métaphysique, qui est
l’action; et l’on pourrait constater que l'apparition de doctrines « naturalistes » ou antimétaphysiques se produjt toujours lorsque l’élément qui représente le pouvoir temporel prend, dans une civilisation, la prédoininance sur celui qui représente l'autorité spirituelle.
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