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science moderne s’édifie à l’aide des débris des sciences anciennes, avec les matériaux rejebés par celles-c1 et abandonnés aux ignorants et aux « profanes ». Ajoutons encore que les soidisant rénovateurs de l’alchimie, comme il s'en trouve quelques-uns parmi nos contemporains, ne iont de leur côté que prolonger cette même déviation, et que leurs recherches sont tout aussi éloignées de lalchimie traditionnelle que celles des astrologues auxquels nous faisions allusion tout à l’heure le sont de l’ancienne astrologie; et c’est pourquoi nous avons le droit d’affirmer que les « sciences traditionnelles » de lOccident sont vraiment perdues pour les modernes.
Nous nous bornerons à ces quelques exemples ;
il serait cependant facile d’en donner encore
d’autres, pris dans des ordres quelque peu différents, et montrant partout la même dégénérescence. On pourrait ainsi faire voir que la psychologie telle qu’on l'entend aujourd’hui, c'est-à-dire l'étude des phénomènes mentaux comme tels, est un produit naturel de l’empirisme anglo-saxon et de l’esprit du xvirre siècle, et que le point de vue auquel elle correspond était si négligeable pour les anciens que, s’il leur arrivait parfois de l'envisager incidemment, ils n'auraient en tout cas jamais
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songé à en faire une science spéciale; tout ce qu'il peut y avoir de valable là-dedans se trouvait, pour eux, transiormé et assimilé dans des points de vue supérieurs. Dans un tout autre domaine, on pourrait montrer aussi que les mathématiques modernes ne représentent pour ainsi dire que l'écorce de la mathématique pythagoricienne, son côté purement « exotérique »; l’idée ancienne des nombres est même devenue absolument inintelligible aux modernes, parce que, là aussi, la partie supérieure de la science, celle qui lui donnait, avec le caractère traditionnel, une valeur proprement intellectuelle, a totalement disparu; et ce cas est assez comparable à celui de l'astrologie. Mais nous ne pouvons passer en revue toutes les sciences les unes après lesautres, ce qui serait plutôt fastidieux; nous pensons en avoir dit assez pour faire comprendre la nature du changement auquel les sciences modernes doivent leur origine, et qui est tout le contraire d’un « progrès », qui est une véritable régression de l'intelligence; et nous allons maintenant revenir .à des considérations d’ordre général sur le rôle respectif des « sciences traditionnelles » et des sciences modernes, sur la différence profonde qui existe entre la véritable destination des unes et des autres.
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