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à l’intérieur de l'Eglise catholique elle-même;
c'est surtout un état d'esprit beaucoup plus
sénéral, plus diffus et plus difficilement saisissable, donc plus dangereux encore, d'autant plus dangereux même qu'il est souvent tout à fait inconscient chez ceux qui en sont aïfectés : on peut se croire sincèrement religieux et ne lêtre nullement au fond, on peut même se dire « traditionaliste » sans avoir la moindre notion du véritable esprit traditionnel, et c’est là encore un des symptômes du désordre mental de notre époque. L'état d'esprit auquel nous faisons allusion est, tout d’abord, celui qui consiste, si l’on peut dire, à « minimiser » la religion, à en faire quelque chose que lon
met à part, à quoi on se contente d'assigner
une place bien délimitée et aussi étroite que possible, quelque chose qui n'a aucune influence réelle sur le reste de l'existence, qui en est isolé par une sorte de cloison étanche: est-il aujourd’hui beaucoup de catholiques qui aient, dans la vie courante, des façons de penser et d’agir sensiblement différentes de celles de leurs contemporains les plus « areligieux »? C'est aussi l’ignorance à peu pres complète au point de vue doctrinal, l’indifférence même à l'égard de tout ce qui Sy rapporte; la religion, pour beaucoup, est simple-
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ment une affaire de « pratique », d'habitude. pour ne pas dire de routine, et l’on s’abstient soigneusement de chercher à y comprendre quoi que ce soit, on en arrive même à penser qu'il est inutile de comprendre, ou peut-être qu'il n’y a rien à comprendre; du réste, si l’on comprenait vraiment la religion, pourraït- = on jui faire une place aussi médiocre parmi ses préoccupations? La doctrine se trouve donc, en fait, oubliée ou réduite à presque rien, ce qui se rapproche singulièrement de la conception protestante, parce que c’est un eïfet des mêmes tendances modernes, opposées à toute intellectualité; et ce qui est le plus déplorable, c’est que l’enseignement qui est donné généralement, au lieu de réagir contre cet état d'esprit, le favoriée au contraire en ne s’y adaptant que trep bien : on parle toujours de morale, on ne parle presque jamais de doctrine, sous prétexte qu'on ne Serait pas compris; la religion, maintenant, n’est plus que du « moralisme », ou du moins 1l semble que personne ne veuille plus voir ce qu’elle est réellement, : et qui est tout autre chose. Si l’on en arrive cependant à parler encore quelquefois de la doctrine, ce n'est trop souvent que pour la rabaisser en discutant avec des adversaires sur leur propre terrain « profane », ce qui con-
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duit inévitablement, à leur faire les concessions les plus injustifiées; c'est ainsi, notamment, qu'on se croit obligé de tenir compte, dans une plus ou moins large mesure, des prétendus résultats de la « critique » moderne, alors que rien ne serait plus facile, en se plaçant à un autre point de vue, que d’en montrer toute linanité; dans ces conditions, que peut-il rester effectivement du véritable esprit traditionne! ?
Cette digression, où nous avons été amené par l'examen des manifestations de l’individualisme dans le domaine religieux, ne nous semble pas inutile, car elle montre que le mal, à cet égard, est encore plus grave et plus étendu qu'on ne pourrait le croire à première vue; et, d'autre part, elle ne nous éloigne guère de la question que nous envisagions, et à laquelle notre dernière remarque se rattache même directement, car c’est encore l’individualisme qui introduit partout l'esprit de discussion. Il est très difficile de faire comprendre à nos contemporains qu'il y a des choses qui, par leur nature même, ne peuvent se discuter; l’homme moderne, au lieu de chercher à s’élever à la vérité, prétend la laire descendre à son niveau; et c’est sans doute pourquoi il en est tant qui, lorsqu'on leur parle de « sciences
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