‹ La crise du monde moderneChapitre 94 sur 147 · ZE € D · texte numérisé non relu

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férent. En effet, si l’on prenait ce mot d’ «individualisme » dans son acception la plus étroite, on pourrait être tenté d’opposer la collectivité à l'individu, et de penser que des faits tels que le rôle de plus en plus envahissant de l'Etat et la complexité croissante des institutions s0ciales sont la marque d’une tendance contraire à l’individualisme. En réalité, il n’en est rien, car la collectivité, n'étant pas autre chose quela somme des individus, ne peut être opposée à ceux-ci, pas plus d’ailleurs que l’Etat lui-même concu à la facon moderne, c’est-à-dire comme simple représentation de la masse, où ne se reflète aucun principe supérieur; or c’est précisément dans la négation de tout principe supra-individuel que consiste véritablement l’individualisme tel que nous l’avons défini. E'onc, s’il y a dans le domaine social des conflits entre diverses tendances qui toutes appartiennentégalement à l'esprit moderne, ces conflits ne sont pas entre l’individualisme et quelque chose d'autre, mais simplement entre les variétés multiples dont l’individualisme lui-même est susceptible; et il est facile de se rendre compte que, en l’absence de tout principe capable d’unifier réellement la multiplicité, de tels conflits doivent être plus nombreux et plus graves à notre époque qu’ils ne l'ont jamais été, car

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