AA ET
tester et de se persuader que c’est là une véritable calomnie; une mise au point s'impose
donc pour écarter par avance toutes les équi-
voques qui pourraient se produire à ce sujet.
Il est assez significatif que le mot même de « matérialisme » ne date que du xviie siècle: il fut inventé par le philosophe Berkeley, qui s’en sérvit pour désigner toute théorie qui admet l'existence réelle de la matière:
il est à peine besoin de dire que ce n’est pas de cela qu'il s’agit ici, où cette existence n’est nullement en cause. Un peu plus tard, le même mot prit un sens plus restreint, celui qu’il a gardé depuis lors : 1l caractérisa une conception suivant laquelle il n’existe rien d’autre que la matière et ce qui en procède; et il y.a lieu de noter la nouveauté d’une telle conception, le fait qu’elle est essentiellement un produit de l’esprit moderne, donc qu’elle correspond au moins à une partie des tendances qui sont propres à celui-ci. Mais c’est surtout dans une autre acception, beaucoup plus large et cependant très nette, que nous entendons
1. Il y eut, antérieurement au xvirre siècle, des théories « méeanistes », de l’atomisme grec à la physique cartésienne: mais il ne faut pas confondre « mécanisme » et « matérialisme », en dépit de certaines affinités qui ont pu créer une sorte de Solidarité de fait entre l’ur et l’autre depuis apparition du matérialisme » proprement dit.
PET Se 5 D CN ES
HET Lee ARMATRS me lee ue
| ñe : s 2) Lester RSS
Ce. vds TE nm méme A RS D CS
RE PR PE Pt 1 Ce
“Slater as Dans CS
en . £ , mets EE nent a R ent ets, | 2202 Te Tr e 9 re Lane - ; : : - LR; Fr.
De ; 7 re d ”
Le
ici parler de « matérialisme » : ce que ce mot représente alors, c’est tout un état d’esprit, dont la conception que nous venons de définir n'est qu’une manifestation parmi beaucoup d’autres, et qui est, en lui-même, indépendant de toute théorie philosophique. Cet état d’esprit, c’est celui qui consiste à donner plus ou moins consciemment la prépondérance aux choses de l’ordre matériel et aux préoccupations qui s’y rapportent, que ces préoccupations ardent encore une certaine apparence spéculative ou qu’elles soient purement pratiques; et l’on ne peut contester sérieusement que ce soit bien là la mentalité de l'immense majorité de nos contemporains.
Toute la science « profane » qui s’est développée au cours des derniers siècles n'est que l'étude du monde sensible, elle y est enfermée exclusivement, et ses méthodes ne sont applicables qu’à ce seul domaine; or ces méthodes sont proclamées « scientifiques » à lexclusion de toute autre, ce qui revient à nier toute science qui ne se rapporte pas aux choses matérielles. Parmi ceux qui pensent ainsi, et même parmi ceux qui se sont consacrés spécialement aux sciences dont il s’agit, 1l en est cependant beaucoup qui refuseraient de se déclarer « matérialistes » et d’adhérer à la
om 0 6 ÿ
Loue!
théorie philosophique qui porte ce nom; :l en est même qui font volontiers une profession de foi religieuse dont la sincérité n’est pas douteuse; mais leur attitude « scientifique » ne diffère pas sensiblement de celle-des matérialistes avérés. On a souvent discuté, au point de vue religieux, la question de savoir si la Science moderne devait être dénoncée comme athée ou comme matérialiste, et, le plus souvent, on l’a fort mal posée; il est bien certain que cette Science ne fait pas expressément profession d’athéisme ou de matérialisme. qu’elle se borne à ignorer de parti pris certaines choses Sans Se prononcer à leur égard par une négation formelle comme le font tels ou tels philosophes : on ne peut donc, en ce qui la concerne, parler que d’un matérialisme de fait, de ce que nous appellerions volontiers un matérialisme prabique; mais le mal n’en est peut-être que plus : grave, parce quil est plus profond et plus Pa €tendu. Une attitude philosophique peut être ne quelque chose de très superficiel, même chez à Le. : les philosophes « professionnels »; de plus, il
os ÿ a des esprits qui reculeraient devant la né, Le gation, maïs qui s’accommodent d’une complète De. … indifférence; et celle-ci est ce qu'il y a de plus redoutable, car, pour nier une chose, il faut encore y penser, Si peu que ce soit, tandis
LE 4 gt le GROS rm pt set pie dt st rl gl TE Lan ne re pété fée Ro op GP eq tp en mt » . = — né 2 e aassf na
me RE ——
qu'ici on en arrive à ne plus y penser en aucune façon. Quand onvoitunescience exclusivement matérielle se présenter comme la seule science possible, quand les hommes sont habitués à admettre comme une vérité indiscutable qu'il ne peut y avoir de connaïssance valable en dehors de celle-là, quand toute l'éducation qui leur est donnée tend à leur inculquer la superstition de cette science, ce qui est proprement le «scientisme », comment ces hommes pourraient-ils ne pas être pratiquement matérialistes, c’està-dire ne pas avoir toutes leurs préoccupations
ma
L 4 4 d ÿ 4 Rite "à à « LA . L ‘ { : P " PE + re 7 ira té 2 ir, P+ VA SA EEE SDS GE ROME NE SPAS TE! NA RS 2 3 A2 6 De EL mu ya er dé PER ARTE OR RIRES Pre A £ ù 4 sc s Patti eh RESTE T AU ETS ht NTM AE. NN LL dE
4 +7 x : € TRE ADS SÉPARÉ REMND SUN RER PDT À nn Le ee SN EP RE ES
tournées du côté de la matière?
Pour les modernes, rien ne semble exister en dehors de ce qui peut se voir et se toucher, ou du moins, même s'ils admettent théoriquerment qu'il peut exister quelque chose d’au-
1 tre, ils s'empressent de le déclarer, non seulement inconnu, mais « inconnaissable », ce qui
Ta ui €
les dispense de s’en occuper. S'il en est pourtant qui cherchent à se faire quelque idée d’un « autre monde », comme ils ne font pour cela appel qu’à l’imagination, 1ls se le représentent sur le modèle du monde terrestre et y transportent toutes les conditions d’existence qui sont propres à celui-ci, y compris l’espace et le temps, voire même une sorte de « corporéité »; nous avons montré ailleurs,
ri x" . - RAT Te Ve î ALIX T7 EN PE ESS | TR Ÿ A = à APE Re ETS UE ERA A Les me ah <hg FPMO pigtes. ee ET TS Se ar) AS HE . . KE F 5e : ‘ ; | ES à l mu
ex dd.
es + 6 peù
ChIPIUX HP se mA as 5x La er 2e TT PM \ 11) TR TICT ARR
x £ ; LA T4 NUS RE à A f < ue Se PR | EX | r e HE ns KR DM SOINS ESS nl \ Ÿ HR Pt - : Le OR hits. Ro Corte à V4 UE PNR %
: Li 176 LA CRISE DU MONDE MODERNE | dans les conceptions spirites, des exemples
particulièrement frappants de ce genre de
représentations grossièrement matérialisées : .: mais, 51 c'est là un cas extrême, où ce caractère 4 est exagéré jusqu à la caricature, ce serait une erreur de croire que le spiritisme et les à 1
sectes qui lui sont plus ou moins apparentées ont le monopole de ces sortes de choses. Du reste, d’une facon plus générale, l'intervention de l'imagination dans les domaines où elle | ne peut rien donner, et qui devraient norms-
| lement lui être interdits, est un fait qui montre l fort nettement l'incapacité des Occidentaux modernes à s'élever au-dessus du sensible: À beaucoup ne savent faire aucune différence 4
entre « concevoir » et « imaginer », et certains philosophes, tels que Kant, vont jusqu'à déclarer « inconcevable » ou « impensable » tout ce qui n'est pas susceptible de représentation, Aussi tout ce qu'on appelle « spiritualisme » ou «idéalisme » n'est-il, le plus souvent, qu'une sorte de matérialisme transposé; cela n’est pas vrai seulement de ce que nous avons désigné sous le nom de « néo-spiritualisme », mais aussi du spiritualisme philosophique lui-même, qui se considère pourtant comme l’opposé du matérialisme. À vrai dire, spiritualisme et matérialisme, entendus au sens philosophique,
PÉNTEITPENT res res + À
NS
®, % s LA
TOR 4x L at PER Ah NE NS TR
+ à LR" \
| | ) ” 27 Vila 2 D € LR te à à LA die j [2e :
. 228 : PARA L + de f & on 4
* ÿ # RAR Jo 2 + ro"
state d mi D à . En Se " ver ve
D enr de Te pr AT tre rate 2
à LC RTE LS x oi CECI LUN ee PT Tu Cd ms et
pes
LS mr fs RSA ESS
: 1 u ur £ É ; N "1 * bé) à PROC MEN LS top ip ee RUE CL L Ets RS Le à él EEE k »
+ ; ss RCE ee yet een DE DUAL UE pe 1 4 '
SCOR Ru de: Dites T0 se