‹ La crise du monde moderneChapitre 98 sur 147 · AA · texte numérisé non relu

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Sr UNE CIVILISATION MATÉRIELLE 177

ne peuvent se comprendre l’un sans l’autre ce sont simplement les deux moitiés du dualisme cartésien, dont la séparation radicale à été transformée en une sorte d’antagonisme:

et, depuis lors, toute la philosophie oscille entre ces deux termes sans pouvoir les dépasser. Le Spiritualisme, en dépit de son nom, n’a rien de commun avec la spiritualité; son débat avec le matérialisme ne peut que laisser parfaitement indifférents ceux qui se placent à un point de vue supérieur, et qui voient que ces contraires sont, au fond, bien près d’être de simples équivalents, dont la prétendue oppo- Sition, sur beaucoup de points, se réduit à une vulgaire dispute de mots.

Les modernes, en général, ne conçoivent pas d'autre science que celle des choses qui se mesurent, se comptent et se pèsent, c’est-àdire encore, en somme, des choses matérielles, car c'est à celles-ci seulement que peut s’appliquer le point de vue quantitatif; et la prétention de réduire la qualité à la quantité est très caractéristique de la science moderne.

On en est arrivé, dans ce sens, à croire qu’il ny a pas de science proprement dite là où il n’est pas possible d'introduire la mesure, et qu'il n’y a de lois scientifiques que celles qui expriment des relations quantitatives;

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