‹ La crise financière de TurquieChapitre 1 sur 4 · PARIS AMYOT, LIBRAIRE- ÉDITEUR · texte numérisé non relu

PARIS AMYOT, LIBRAIRE- ÉDITEUR

8, RUE DE LA PAtX, 8

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U GIUSE FINANGIËHE EN TURQUIE

— II r-

ce système n'est pas très-recherché h la Sublime-Porte ; il doute même que le Grand-Censeur qui régente la littérature à la grande Douane de Stamboul, lui octroie libre pratique plus volontiers cette fois que Tan passé et les années auparavant. Gela ne l'arrête pas, il se livre à la défense d'une thèse qu'en son âme et conscience il croit être celle du vrai, du juste, et en même temps du plus utile aux intérêts turcs et autres, engagés ou compromis dans la crise actuelle; il dit à l'Europe financière : Turchia farà da se ; il exhorte la Turquie à ne pas écouter un conseil autre parmi ceux qui lui sont ouvertement suggérés.

Le travail qu'il offre aujourd'hui au public peut être considéré comme un chapitre détaché d'un ouvrage plus complet, et depuis quelques années annoncé sous ce titre :

si.j'étais grand- vizir.

LA

Physiolog^ie de la crise. •— Banq[U6route, unification.

La crise est imminente depuis 5 ans au moins. En 1865, le gouvernement turc avait complètement liquidé sa position financière ; l'emprunt de 1868 (Bons du Trésor connus sous le nom des Quatre-Wendiants), et l'emprunt de 18tt9 (Pinard) étaient successivement devenus nécessaires pour rendre possible le service des intérêts et de l'amortissement de la Dette Publique. Alors cependant la crise a pu être conjurée, grâce & la toute-puissance des syndicats financiers dominant la Bourse et entraînant le public de la petite épargne, grâce aussi à la réputation d'exactitude et de loyauté

acquise au dehors à la Sublime-Porte, et maintenue malgré la rapide succession de ses emprunts. Les mêmes circonstances, et notamment le nombre d'institutions financières nouvelles érigées h Galata, favorisèrent o^tensiblemeat les pratiques du Maliè depuis 1869 ; Ainsi fut émis Temprunt Cohen (1871), les capitaux flottants par la guerre lui aplanissant encore la voie; ainsi furent émis les Bonsdu Trésor 1872. L'étoile des syndicats avait pàli à cette date, mais le peu d'accueil réservé à cette opération en faisait une mauvaise affaire pour les contractants, et voilà tout; c'était si peu une crise, que le gouvernement turc n'a pas craint de s'aventurer vers un nouvel emprunt en 1873, et qu'il n'a pas tardé de rencontrer des institutions financières prêtes à affronter encore une fois le publie de Galata, de Paris, et de Londres. On sait ce qu'il arriva : Galata et Londres brillèrent par l'abstention ; à Paris, l'emprunt rencontra un demi-succès. Cela se comprend, et il y avait lieu de s'attendre à ce résultat. Mais on comprend moins aisément pourquoi, plus que le fiasco plus complet de 1872, le fiasco moins prononcé de 1873 a produit une crise? Comment se fait-il que le succès relatif de 1873 ait été plus funeste au crédit turc que l'échec absolu essuyé une année auparavant ? Pourquoi le fiasco de 1873 a-t-il dégénéré en ciise, au point de devenir une véritable panique?

Pourquoi? Parce que dès l'abord, l'échec infligé à celle opération par les marchés financiers a révélé et aux banquiers et au public deux vérités trop longtemps contestées, l'une et l'autre également importantes, au point qu'on ne saurait à laquelle des deux , donner la priorité, car les deux se résument dans le mot : Mensonge.

Mensonge, les déclarations du gouvernement promettant que les produits de l'opération seraient consacrés à la consolidaxion de la Dette Flottante; mensonge, les clauses de tous les contrats d'emprunt stipulant une affectation spéciale de revenus au service des intérêts et de Tamortissement respectifs.

En effet, si la consolidation alléguée avait été autre chose qu'une façon de présenter convenablement au public cet emprunt (le troisième depuis quatre ans!) comme dégrevant le budget de la charge d'intérêts onéreux et du remboursement à brève échéance, si la consolidation avait été une résolution sincère, l'échec de l'emprunt eût été tout au plus une leçon silencieuse livrée par le public à la méditation des Banquiers contractants et à celle du Ministre des Finances, mais elle eût été loin de provoquer une crise : on aurait, avec autant de justice que d'à-propos, consolidé la Dette Flottante entre les mains des créanciers, directement et sans l'intermédiaire du public, et tous eussent accepté avec empressement ce mode de règlement en Obligations libérées du nouvel emprunt au cours du jour ou à un coursa établir de commun accord. On n'a pas voulu le faire, parce qu'on n'a pas pu, parce que Jamais on n'avait songé à consolider la Dette Flottante ; et l'on n'y avait pas songé, parce qu'on avait autre part un besoin urgent du produit de cet emprunt. On comptait là-dessus, -non pas pour une opération extrajordinaire.de consolidation, mais pour le service ordinaire des intérêts de la Dette. L'échec de l'emprunt a donc amené des inquiétudes légitimes chez les porteurs des mandats du Maliè; il a eu outre produit un terrible point d'interrogation quant au service des Obligations tant intérieures qu'extérieures. L'emprunt rate

en Octobre; l'échéance des Pinard esllà; le Grand- Vizir prend des mesures héroïques, il va au Mont-de- Piété, il engage les Obligations nouvellement créées entre les mains d'un groupe de banquiers qui consentent à lui faire une avance de £. 4,000,000 à 30 0[o Tan, et bientôt après» au mois de Décembre les financiers devenant rétifs ou impuissants, il tend la main ; Par charité, encore un petit million de Livres, pour parfaire les coupons de Janvier! La Dette Flottante, on n'en parle plus, les mandats sont sous protêt, on ne songe qu'aux Emprunts ; ils sont garantis cependant, la liste des recettes y affectées est longue, que sont-elles devenues? quelle calamité publique, quelle détresse nationale a pu les détruire, les absorber? Âhl voilà donc la valeur de vos garanties, de vos affectations spéciales! Mensonge! mensonge!

Il n'est rien d'étonnant qu'après cette double rêvé-lation l'échec d'Octobre soit devenu en Janvier une crise propre à préoccuper tout ce qui, de près ou de loin, touche h la Turquie, et certes le refus inexplicable du Maliè de convertir en Obligations 5 <^/o les Bons du Trésor estampillés de la série  n'a pu que confirmer le public dans cette f&cheuse impression. Le prestige de la loyauté attribuée h ce gouvernement s'est donc évanoui; la confiance, déjà ébranlée par ses fréquents appels au crédit, a complètement disparu devant la révélation de sa mauvaise foi jusque dans la rédactioa de ses contrats.

Grise morale, qui n*a pas tardé de révéler dans tout son jour l'étendue de lacrisefinancière.S'il est difficile de connaître le véritable chiffre de la Dette Flottante consistant en mandats du Maliè, en serghis du Seras-

kérat de Top-Hané et de T Amirauté, en séhims de diverses natures, en avances faites au Trésor par It place de Galata, en arriérés de solde à Tarmée et aux fonctionnaires, on éprouve moins de peine à calculer lé chiffre moyen du déficit budgétaire. Les données ne manquent pas : partez du mois de Juin 1865, époque où toutes les Dettes Flottantes ont été consolidées, additionnez les produits effectifs de tous les emprunts émis jusqu'à ce jour ; retranchez du total les sommes qui ont été, dans le même laps de temps, affectées au service des intérêts et de l'amortissement de la Dette Publique ; la différence entre ces deux sommes, augmentée du montant avoué de la Dette Flottante actuelle, vous fournira le total du déficit budgétaire de 9 ans, et en moyenne le déficit annuel de cinq millions de Livres.

Voici donc la Turquie arrivée à cette période si intéressante où la haute finance est devenue impuis*sante, et la petite épargne méfiante, où Tère des emprunts est définitivement fermée, et où la crise conduit, bon gré, mal gré, k résipiscence la Sublime- Porte, égarée depuis 30 ans dans un système de gouvernement toujours plein de périls. Grise, je te salue ; de toi peut dater une ère de progrès et de bien*étre pour les peuples soumis au sceptre des Sultans !

A condition, toutefois, que les conseils du dehors ne viennent pas arrêter la crise dans ses effets salutaires possibles, en suggérant à la Sublime-Porte des expédients plus nuisibles h tous et en tous points que ne saurait l'être la Banqueroute elle-même.

C'est déjà un premier résultat et non des moins heureux à enregistrer au bénéfice dé la crise actuelle.

La Banqueroute on ne la redoutait pas naguère encore; la Turquie a toujours payé, disait-on, avec des capitaux empruntés, il est vrai, mais elle est riche, {cliché des reiSQurces latentes), et quant tout sera absorbé, quand elle sera sur le point de manquer à ses engagements, la France et l'Angleterre ne la laisseront pas dépouiller leurs nationaux. Combien de fois n'a-t-on pas invoqué ces assurances si futiles en tout temps ! Aujourd'hui, elles ont disparu toutes deux ensemble, et la Banqueroute apparaît. On a constaté d'un côté que les ressources latentes restent des non-valeurs entre les mains des gouvernements incapables ; on a vu la plus brillante exhibition des vakoufs, des mines, des forêts, les plus solennelles promesses de réformes, d'économies, rester sans produire le moindre effet sur les Cours de la Bourse, sur Topinion publique saturée de programmes et avide de faits. On a compris d'un autre côté que Tintervention de la France et de l'Angleterre au profit des porteurs d'Obligations turques n'est pas aussi aisée à obtenir, ne serait pas Aussi féconde en bons résultats qu'on avait bien voulu l'imaginer naguère. On sait quelle est la politique traditionnelle de l'Angleterre en cette matière-. Lord Pal* merston l'a érigée en principe : « L'Angleterre, a-t-il dit, ne va pas en guerre pour les usuriers de la Cité. » Quant à la France, il est malheureusement impossible de lui supposer la velléité de défendre activement ses nationaux, créanciers du Sultan. Dussent même ces deux Puissances se croire engagées parla part morale qu'elles ont incontestablement prise aux émissions turques, elles reculeraient devant l'imminence d'une complication européenne : un nouveau Traité de hun* kiar-ishélessx amènererait la flotte russe dans le

Bosphore, au nom de Tarticle 9 du fraité de Paris/ et rAUemagne autrement désintéressée, ne manquerait pas cette nouvelle occasion de se placer du côté où n'est pas la France. On sait tout cela, et l'on voit se dresser la Banqueroute menaçante, pendant que la Sublime-Porte, hésitant sur la route à suivre depuis que celle des emprunts lui est fermée, se laisse aller dans toutes les directions, écoute de toutes ses oreilles, accueille toutes les suggestions, tous les conseils, se laisse égarer par les plus bas intérêts, pourvu que la Banqueroute soit conjurée.

La Sublime-Porte veut conjurer la Banqueroute, et elle a bien raison, sauf à discuter les moyens qu'elle emploie ou qu'on lui suggère dans ce but. Mais d'autre part, on a tort de la craindre, plus tort encore d'en affecter la crainte au service de vi&ées personnelles, car ce n'est qu'un fantôme que la moindre connaissance des hommes et des choses de la Turquie devrait empêcher de se produire.

La Turquie ne fera point banqueroute, rassurezvous ; déjà le fait actuel qu'elle ne soit pas encore décrétée doit vous faire partager ma conviction. On sait parfaitement à la Sublime-Porte qu'aucune intervention de rOccident ne saurait lui défendre de dépouiller ses créanciers, et je sais qu'il est tel rapport récent d'un des Ambassadeurs du Sultan où cette éventualité est développée en grand détail, et exposée avec la plus douce quiétude. Qu'attendraient-ils donc ces Pachas-Banqueroutiers, s'ils avaient la velléité de le devenir? La détresse financière est grande; les circonstances politiques seraient des plus favorables ; pourquoi ajourneraient-ils ce qu'ils oseraient seu-^

lement considérer comme une éventualité possible! Non, ils ne veulent pas d'une Banqueroute qui leur fermerait toutes les Bourses de l'Univers, car ils ne sont pas sans comprendre que TËmpire Ottoman subsiste dans des conditions telles que le crédit public peut, au moment le plus imprévu, lui être nécessaire pour sauver son existence. Ils savent en outre que la Banqueroute d'Etat, parfaitement indemne pour rheure présente du côté international, ne Test pas au même degré à l'intérieur. S'ils peuvent, à bon droit, compter qu'aucune armée européenne ne se mettrait en marche pour défendre les droits des Obligataires, ils s'effraient, à juste titre, de l'armée de femmes musulmanes, qui ont pour unique moyen d'existence les intérêts des consolidés. La statistique de Djézaïrli Khan leur est connue; elle leur montre que la Banqueroute ne tarderait pas à dégénérer en crise sociale dans Stamboul même, et à produire, par l'esprit qui anime la population flottante de cette capitale, un de ces mouvements dont l'imagination fait frissonner d'horreur, que les amis les plus zélés du Sultan ne sauraient empêcher, que les ennemis de TEmpire attendent peut-être pour ne pas intervenir. Cette perspective suffit pour écarter de nos Pachas toute possibilité de banqueroute; et pour le cas où ils ne l'auraient pas spontanément, je m'efforce, en ce moment, de l'étaler devant leurs yeux.

You^ n'êtes pas rassurés, vous aimez mieux croire que la foi en le Destin forme leur seule politique ; pour alimenter votre crainte de banqueroute, vous vous dites qu'ils vivent au 'jour le jour, qu*ils écartent ce spectre de crise nationale par un Allah Kirim qui n'interrompe pas leur Kief\ ou bien, confiants dans le

Cabinet d'aujourd'hui, vous yous demandez ce que sera celui de demain; vous craignez, permettez-moi de traduire votre pensée par cette expression aussi brève que claire, vous craignez qu*on ne prenne un cul-de-jatte pour maître de danse. Cette crainte malheureusement plausible, ne doit cependant pas entretenir ridée de banqueroute : il faudrait pour cela un aveuglement absolu dans tout le corps des Vukélas, shns exception aucune; il faudrait en outre une absence complète d'ambition chez chacun d'évincer l'autre, et une sécurité parfaite chez le Grand-Visir de ce moment-là contre toute intrigue hostile soit à la Porte, soit au Sélamiik, soit au Harem, soit enfin parmi les Ambassadeurs qui ont droit d'audience auprès du Sultan.' Avouez que toutes ces circonstances ne sont pas de tous les jours; dussent-elles même se rencontrer réunieSj il resterait encore k trouver le Grand- Yisir qui osât tenir à Âbdul-Aziz un langage à peu près comme celui-ci :

« Sire, depuis douze ans, nous vous trompons; vos Hatts qui ont fait l'admiration de TEurope sont restés sans exécution; la concussion, la dilapidation n'ont cessé de nous ronger ; les impôts payés par vos peuples et les capitaux destinés aux travaux publics ont édifié la fortune de vos conseillers et de vos traitants; en vous offrant les subsides que Votre Majesté demandait pour la construction de ses frégates et de ses palais, nous avons sacrifié les ressources de ses provinces. La prospérité est un leurre, nous n'avons plus d'autre recours que la banqueroute. »

Non, la banqueroute d'Etat n'est pas à craindre;

malgré le philhellénisme qui depuis deux ans environ . domine & la Sublime-Porte, on n'y est pas près de suivre l'exemple de la Grèce voisine. La composition de la Sublime^Porte, ses qualités comme ses défauts, les circonstances ambiantes, tout m'est un gage que les Pachas ne se livreront pas à une entreprise où, pour chacun d'eux, il est beaucoup à perdre et rien à gagner.

Là où je la crains avec toutes ses funestes consé-. quences, c'est quand je vois des soi-disant gens spéciaux présenter ce prétendu remède sous . forme de pilluie dorée. Décrétez un impôt sur le coupon, dit l'un ; unifiez votre dette, dit l'autre ; réduisez le taux de votre rente, dit un troisième. Le premier a le mérite d'être désintéressé ; si la Sublime-Porte suivait son conseil, il n'y aurait pas pour cela de commission quelconque à encaisser ni k partager. Mais ce n'en serait pas moins une violation de contrat qui tuerait le crédit sans combler le déficit existant, sans prévenir le retour des déficits constants. A l'avocat de l'unification et au docteur réducteur, je dois demander quelques explications.

L'unification, la réduction, auront-elles pour seul but de modifier la formule du titre? ou doivent-elles atteindre directement Tobligataire dans la jouissance de son droit ?

Question naïve, quand elle est adressée à de tels spécialistes; aussi ne la posè-je que pour l'instruction de la galerie. Aux auteurs de ces projets, peu importe au fond, pourvu que le Ministère du Sultan leur ordonne de faire fabriquer de nouveaux titres, et leur octroie une commission de 2 p. 100, loyer des gui-

cbets où se fera l'échange. Pour la réussite de leurs plans, ils exploitent le souvenir de 1865, souvenir qui ne manque pas de résonner agréablement aux oreilles administratives : alors, disent-ils, on a converti le Consolidé 6 % en Dette Générale S <^/o on a supprimé l'amortissement au pair et le nouveau titre, la rente perpétuelle 6 ^/o n'a pas tardé à dépasser, à la Bourse, le cours de l'ancien 6 ®/o remboursable au pair, et les plaintes ont cessé; alors, ajoutent-ils, Fuad Pacha a émis quelques millions de Livres de titres en sus des besoins de la conversion, pour consolider la Dette

Flottante et et pour parer h d'autres besoins,

vous comprenez, n'est-ce pas ËfTendim?

Tous arguments d'autant plus dangereux en l'espèce qu'ils répondent trop, hélas ! au secret désir de plus d'un. Faire quelque chose qui nous tire d'ambarras, sans prononcer le mot de Banqueroute, sans effaroucher Sa Majesté, loin de là; sans compromettre notre position ni le Cours de la Bourse, au contraire : quoi de mieux ?

Eh bien, non : tout cela n'est que spécieux, gardez-vous de vous laisser entraîner par ce mirage si séduisant. J'entreprends de le dissiper, j'ose m'attaquer à la mémoire de 1865, et je ne doute pas de la victoire.

Rappeler dans les circonstances présentes la conversion de 1865, c'est proposer le retrait de toutes les Obligations extérieures, l'inscription au Grand-Livre de la Dette générale 5 ^/o d'un nombre suffisant d*Oblîgations nouvelles pour y comprendre et la Dette extérieure consolidée, et la Dette Flottante, et les échéances courantes, et les frais de l'opération, et peut-être autre chose encore; c'est là l'unification. La

réduction s'attaquant aussi à la Dette générale B % demanderait en outre la création d'un nouveau Grand - Livre x pour cent et l'inscription d'Obligations comme ci-dessus.

Unifier, pour ne rien économiser, unifier par amouf de Tart ou par passion pour la commission, on n'y pense sans doute pas ; c'est d'ailleurs en opposition avec les traditions les plus chères de 1865. Unifier pourgagner ramortissement(ils appellent cela gagner !) pour dégrever le budget du montant consacré annuellement au remboursement au pair et pour capitaliser le premier produit de cette économie, voilà le but où tendrait ce projet.

Voyons un peu l'importance de votre gain^ de \otre économie k réaliser par le fait de l'unification more 186S.

Combien coûte annuellement l'amortissement au pair de la Dette Extérieure î

L'emprunt 1854 de £ 3,000,000 jouit d'un fonds d'amortissement de 1 %, soit £ 30,000

L'emprunt 1855 est garanti par la France et l'Angleterre ; si la Sublime- Porte veut leur abandonner le soin de l'amortissement contractuel, les détenteurs n'y perdront rien , et le Maliè y gagnera 1 % par an sur £ 5,000,000, soit. ... « 50,000

Dans l'emprunt 1858 , 1 «/o sur ^ 5,000,000 (c 50,000

Et pour Temprunt Mirés, encore ... « 2,700

L'annuité d'amortissemerfl des emprunts 1862, J863 et 1865, montant ensemble

à £22,000,000 est de 2 o/o. soit < c 440.000

A reporter .... 572,700

Report

Les emprunts 1869 et 1871, à raison, de 1 o/o Tan, coûtent . « 280,000

L'emprunt 1872 n'ayant pas à entrer en ligne de compte, il reste encore l'emprunt 1873 dont l'amortissement à 1 ^/o Tan revient à ^ • . . . « 270,770

Au total donc, l'amoriissement de la Dette Extérieure absorbe annuellement une somme de £ 1,123,470

Cette opération d'unification ne roulant que sur le montant des Obligations non encore amorties, amènerait, en outre, la libre disposition des intérêts actuellement payés sur les Obligations déjà amorties et comprises dans le capital nominal d'origine. Elle produirait donc (1) une réserve nouvelle de £621,868.

(1) ETAT des Obligalions amorties à la date du 1" mars 1874

et des intérêts y afférents

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