I. LB BUT A ATTEINDRE KT LE MOYEN d'eXÉCITIOX
,. ^., Une démocratie consciente des
Les objectifs . . , ,
... , , nécessites aouvernementales et na-
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tionales doit vouloir une constitution dont r agencement soit tel :
640 LA CRISE FRAMÇAISE
1" Qu'il crée des obstacles efficaces à l'iiccession des politiciens professionnels au pouvoir;
2" Qu'il facilite l'arrivée au Parlement d'hommes réellement représentatifs des volontés et des intérêts généraux de la nation ;
3" Qu'il permette au gouvernement de gouverner efficacement et avec continuité, grâce à une séparation absolue du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif;
4° Que la responsabilité du gouvernement soit effective;
5° Que le contrôle <\u peuple puisse s'exercer d'une façon pratique, même pendant la durée du mandat des législateurs.
- „ ... . La révision de la Constitution
La Constituante »...
j.^. paraît si bien la seule issue non
et ses conditions. *
violente de la crise actuelle que les
hommes indépendants des partis les plus divers constatent sa nécessité. M. Camille Sabatier dans La Dépêche de Toulouse a dit notamment : « Pour remédier à l'anarchie constitutionnelle d'où vient tout le mal d'aujourd'hui, il faut la réforme constitutionnelle. " Il adjurait même le cabinet Poincaré de se faire le champion de cette réforme et il exposait cette idée juste et essentielle à retenir que l<i réforme constitutionnelle doit être faite, non pas par le congrès des parlementaires, dont les vices constituent précisément la contagion dont il s'agit de se guérir, mais en rendant la parole au peuple qui nommerait une Constituante. Celle-ci serait conçue à peu près sur le type du congrès américain. Elle fonctionnerait en même temps que les deux Cliamhres qui seraient chargées d'assurer l'expédition des aj/aires courantes. (Voir La Liberté, 25 janvier 1912.)
Aucune objection sérieuse ne peut être opposée à un pareil fonctionnement de la Constituante, mais pour que cette Constituante puisse être légalement réunie.
il faut évidcinnient que le Parlement issu du régime actuel, donc la Chambre et le Sénat, en vote le principe dans une loi.
C'est là qu'est la difficulté. Il est bien certain que, si on les laisse livrés à eux-mêmes, les parlementaires actuels ne voteront jamais une révision de la constitution dont l'objet essentiel et proclamé est de mettre un terme aux vices du système dont ils bénéficient. Mais il en sera tout autrement si un grand courant d'opinion créé et organisé dans le pays manifeste sa puissance en faisant de la révision de la Constitution la plate-forme électorale des prochaines élections générales. Si, à ce moment, les électeurs témoignent de leur volonté absolue de ne donner leurs suffrages qu'à des candidats s'engageant formellement à voter le principe d'une Constituante telle que l'a exposé M. Camille Snbatier, on trouvera certainement assez de candidats au Parlement pour s'incliner, dans des conditions, devant la volonté manifeste de la nation.