‹ La crise française, faits, causes, solutionsChapitre 18 sur 191 · V. LA DÉFAITE ORGANISÉE · texte numérisé non relu

V. LA DÉFAITE ORGANISÉE

A ne considérer que les faits, il est impossible de ne pas constater qu'il existe chez nous une organisation systématique de la défaite et que cette organisation se consolide et se perfectionne. C'est là une vérité qui s'impose aux esprits les plus divers.

- . . Oui ne frémit, dit M. Latapie dans L«

Opmions. r 1 . < 1 - .

Liberté, a la pensée qu une guerre pourrait éclater à l'heure où les saboteurs, stylés par les comités antimilitaristes, sabotent les voies ferrées sur tons les points à la fois? Sait-on seulement d'où vient l'argent qui entretient cette campagne? (Cité par L'Action française, 21 juillet 1911.)

M. Henri Béranger dans L'Action (24 juillet 1911) ajouta :

... Etes-vous toujours aussi sûrs qu'il n'y a pas parmi vous des mouchards au service du grand état-major allemand?

Etes-vous toujours aussi sûrs que, parmi ces hurleurs de surenchères qui veulent arborer des drapeaux prussiens sur nos clochers de Champagne ou saboter nos frontières en face du Rhin, il n'y a pas quelques Métiviers qui ne distinguent plus entre l'odeur du mark et du franc, lesquels n'ont pas de patrie pour un bon mouchard antipatriote?

Et ne pensez-vous pas, dès lors, ô Hervé, ô Griffuelhes, ô vous tous les bons bougres de la pire des causes, qu'il serait tout de même temps pour vous de cesser une parade qui fait de vous les victimes des traîtres et les fourriers de l'invasion? (Cité par L'Action française, 24 juillet 1911.)

«^..„ Ces exhortations n'ont d'ailleurs

pas eu la moindre action sur les directeurs du sabotage et de la défense nationale.

Le 27 juillet 1911, au cours d'une réunion donnée sous les auspices de la Fédération révolutionnaire corn-

muniste à l'Eden -Concert, avenue Ledru-Rollin, un nommé Bricheteau a fait la déclaration suivante :

La classe ouvrière est prête à empêcher la guerre. Que les gouvernants sachent bien que nous ne marcherons pas en cas de déclaration de guerre.

Xous saurons faire les actes nécessaires pour que les soldats ne partent pas. Nous saboterons la mobilisation. Si nous nous laissons enrôler, ce sera pour avoir des armes qui nous serviront à nous libérer. . .

En cas de mobilisation, des camarades décidés feront un petit travail au point de départ des gares de Paris et des grands centres de province. Si vous êtes enrôlés de force, il fauilra faire les actes nécessaires, faire disparaître les chefs qui sont à la tête des régiments. (Voir L'Écho de Paris, 28 juillet 1911.)

Quant à La Bataille Sytidicaliste son conseil en cas de guerre ne fut pas moins net.

Il faut indiquer une ligne de conduite aux syndiqués pour qu'ils ne se laissent pas mobiliser comme un vulgaire troupeau. Il faut envisager également les moyens à employer pour paralyser toute mobilisation . Il faut examiner les procédés capables d'arrêter l'envoi des troupes sur la frontière. (Cité par Le Matin, 29 juillet 1911.)

Voilà ce qu'on peut dire et imprimer librement à Paris. Qu est-ce donc que tout cela, sinon l'organisation ouverte, libre et tolérée par le gouvernement de la future défaite de la France?

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