VI. QUELQUES CAS DE NEVROSE .AXTIFRAXÇAISE
La campagne antinationale a été poussée si loin, dans les dernières années, qu'elle a détraqué certains cerveaux. Des cas très nets de véritable frénésie antifrançaise se sont produits qui ne s'expliquent guère que comme l'effet de véritables aberrations mentales, d'accès de delirium Iremens psychologiques.
„. ,,,„ , Lors des troubles de Champagne,
Vive lAllemagne ! , , . , . .„ . , *^ " ,
a Lignol, petit village situe sur les
conBns de l'Aube et de la Haute-Marne, le drapeau rouge fut arboré sur le clocher de l'église. Sur la fontaine de la Grand' Place cette inscription fut peinte : A toi, Guillaume, les coteaux de Champagne puisque la sale R. F. n'en veut pas. (Voir Le Journal, 9 juin 1911.)
Dans la région insurgée, on voyait des pancartes sur lesquelles on lisait : A bas les Jlancheurs ! Champenois ou Prussiens. Une pancarte représentait le poteau frontière avec cette inscription : Deulschland. (Voir L'Echo de Paris, 8 juin 1911.)
Au cours d'une conférence, le 14 novembre 1911, à Lorient, M. Mallet, conseiller municipal radical-socialiste, capitaine de réserve, interrompit l'orateur au cri de « Vive l'Allemagne » ! (Voir L'Echo de Paris, 15 novembre 1911.)
-, Le 20 juin 1911, deux cochers de
Le drapeau . •' .
j , . . la Compagnie des Omnibus furent
dans le fumier. ^ , \
arrêtés le matin sur le boulevard
Saint-Marcel à Paris, promenant une voiture de fumier sur laquelle était planté le drapeau tricolore. Un agent du cinquième arrondissement voulut faire cesser ce lamentable spectacle. 11 n'arriva pas à convaincre les cochers de l'énormité de leur acte et dut lui-même enlever l'emblème national. [Voir Le Journal, 21 juin 1911.)
Le 2 avril 1912, un charretier conduisait, rue de Sèvres, à Paris, un tombereau chargé d'ordures sur lequel un drapeau tricolore flottait au vent. Les passants regardaient, stupéfaits et indignés. Un officier en retraite s'approcha d'un agent et lui signala le scandale.
— Je lui ai ordonné, répondit l'agent, d'enlever le drapeau.
Mais le charretier n'exécuta pas l'ordre. Même résultat, ou plutôt même inertie totale, chez un deuxième et un troisième agents, le long de la rue de Sèvres.
Et les trois couleurs continuèrent à flotter sur le tombereau en léchant les ordures... (Voir L'Echo de Paris, 3 avril 1912.) jjjjDira-t-on que Gustave Hervé n'a pas fait école?
lourdt