‹ La crise française, faits, causes, solutionsChapitre 4 sur 191 · II. LES ÉTR.4\GERS EN FRANCE · texte numérisé non relu

II. LES ÉTR.4\GERS EN FRANCE

L'augmentation croissante des étrangers en France, attirés par la douceur et la facilité relatives de la vie chez nous, constitue un danger auquel on ne prête pas toujours une suffisante attention.

(1) Voir D'' Jacques Bertillo.v, La Dépopulation en France. .Alcan, Paris, 1911.

Le chiffre de 39 601509 habi- Données , , i , i j •

tants, donne par le dernier recensestatistiques. . '1 X 1 • J 1

ment comme étant celui de la population française, ne représente pas seulement des Français. Il comprend 1 132 696 étrangers, environ le trentième de la population. L'augmentation du nombre des étrangers a été, depuis 1906, de 123 282 personnes. L'accroissement total de la population (349 264), entre les deux derniers dénombrements, provient donc pour plus d'un tiers de l'appoint étranger.

Les départements où se rencontrent le plus grand nombre d'étrangers sont, en général, situés sur la frontière même ou dans son voisinage, ce qui prouve le débordement des populations voisines sur notre territoire moins peuplé.

Paris seul et le département de la Seine comptent 204 000 étrangers.

j, .- Mais, dira-t-on, ces étrangers se

, .^ francisent vite et compensent, au des étrangers . ^. i r •- 1 j

. ^ ., moins en partie, la laiblesse de notre reniorce-t-il , , ^,

, , natalité. C'est là une illusion. Ces

IcL f 1*3.11 C 6 ^

étrangers, qui ont naturellement une « mentalité " très différente de la nôtre, manifestent assez peu le désir de supporter les charges du citoyen français. Il semble même qu'il y ait recul à cet égard. Ainsi, les incorporations annuelles dans l'armée de fils d'étrangers ont baissé de 6 162 en 1906 à 3 567 en 1908. (Voir V Opinion, 24 septembre 1911, p. 387.)

C'est là un symptôme éloquent, en même temps qu'une preuve de l'échec de la loi sur la nationalité du 26 juin 1889 sur laquelle on avait compté pour relever le niveau annuel de notre contingent militaire.

La pénétration , Au point de vue économique, les

étrangers si nombreux en France économique y

, , -, constituent par la concurrence qu ils

de la France ^ ,.,

, .^ nous font un danser croissant. Déjà,

par les étrangers. , " ,. . ■'

ces étrangers monopolisent certaines

professions. L'invasion des garçons de café et d'hôtel allemands est un fait notoire, favorisé par les directeurs de grands hôtels, eux-mêmes pour la plupart étrangers. D'après M. Jules Nougué, vice-président de la Fédération nationale des hôteliers-restaurateurs de France :

La Chambre syndicale internationale des garçons limonadiers, restaurateurs et parties similaires de la ville de Cannes a prouvé que sur tout le littoral de Toulon à .Menton où il existe environ 300 hôtels de saison qui n'emploient pas moins de 75 employés chacun, la répartition du personnel doit être ainsi effectuée :

Allemands 70 pour 100.

Suisses 12 —

Italiens 10 —

Français 8 —

Ces chiffres se passent de commentaires. Ils sont d'autant plus impressionnants qu'ils nous amènent à considérer, sans nous en étonner, d'autres chiffres constatés en d'autres régions et qui, s'ils n'étaient point cités en comparaison de ceux que l'on \ient d'exposer, seraient pour nous une source de très inquiétante surprise. C'est ainsi qu'à Paris, sur un chiffre de 10 000 employés d'hôtel, on en découvre -iOOO qui sont Allemands, Anglais ou Suisses, et 2 000 qui sont Italiens, Espagnols ou de toute autre nationalité.

Dans toutes les grandes villes de l'Est, dans toute la région des Alpes et de la vallée du Rhône, les Allemands et les Suisses se sont répandus à profusion et les Italiens ont fait leur possible pour ne pas demeurer en reste d'envahissement. On dénombre, dans ces divers centres, 50 pour 100 d'employé»

a- LA CRJSH;' FRANÇAISE

allemands, «ij,.pflV*se«, 10 ppi^,- iQiQ d'Italiens et 5 pour 100

Q. Anglais. ,.■ ,.., ;

En Bretagne et en Normandie, c'est la même chose : le personnel étranger, anglais surtont, est au moins aussi nombreux que le personnel français. (Voir Revue de la Solidarité sociale, novembre 19II.)

Naguère l'infiltration allemande en France, remarque Le Petit Journal (21 novembre 1911), se faisait en cafmiH?. L'Allemand n'avouait pas sa nationalité ; il se disait Suisse ou Luxembourgeois. A présent, l'invasion est accomplie'; les Allemands ne se dissimulent plus... Les Allemands se sentent assez forts maintenant, pour nous concurrencer à visage découvert. Ils ne craignent pas d'écrire tout au long le nom de certains hôtels, de certaines maisons de commerce que les Parisiens fréquentent et achalandent sans se douter qné ce sont là des maisons allemandes.... La germanisation de Paris se poursuit favorisée à la fois par notre veulerie et par nos lois trop favorables à l'invasion étrangère.

.'"" , Les Allemands n'occupent pas

Les Allemands , , „ . . '„,

,,. , ^ . chez nous que des prolessions inie-

dans 1 industrie t% • i

rieures. Depuis quelques années, française. ., , ,, f -i , i

ils pénètrent rapidement dans nos

grandes industries. ip,,..^,.,„,

M. Thyssen, conseiller privé de l'empercui- d'Allemagne et Tune des plus hautes personnalités du monde industriel d'outre-Rhin, a déployé en France une activité toute spéciale. En effet, M. Thyssen a su acheter d'importantes concessions de mines dans le bassin de fer de Briey, notamment celles de Jonaville et de Batilly. Dès 1907, il constitua une puissante société qui a repris la mine sousmarioe de Diélette, près de Cherbourg, et en a extrait un minerai de fer remarquable. 11 dirige encore la Société des hauts fourneaux de Caen, la Société minière et métallurgique du Calvados et i^u^^ ^^^,,Qû^/J^SÂii9n§.,de,May-su^- Orne et de Saiiit-Aodré. .^nimn ;,r-w;ti fcon vatA» ,":

i LR8 FAITS 9

Ce n'est là qu'un exemple; dans presque tous les domaines de l'activité commerciale et industrielle, on peut constater chez 71011S l'invasion étrangère qui revêt un caractère surtout germanique.

Page 1