I. NOTRE LÉGÈRETÉ
Au premier rang de ceux-ci, on doit citer la légèreté française qui entraine cette conséquence que les expériences les plus sanglantes du passé ne nous servent pas d'avertis.'îement durable.
La si dure leçon de 1870 aurait dû nous préserver pour bien longtemps de rantimilitarisme, des théories pacifistes et des illusions dangereuses sur la fraternité des nations.
Les Allemands ^" P"^°* ^^ ^"' ^^ l'influence
, . des enseignements de 1 histoire sur
n ont pas \ , . . , ,
ce fâcheux défaut. ^^ ""^ publique, la supériorité des
.Allemands sur nous n'est pas con-
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testable. Pendant soixante-quatre ans, ils ont préparé la revanche d'Iéna et leur victoire de Sedan ne les a ni grisés, ni endormis. Aujourd'hui, non seulement ils maintiennent jalousement le prestijje et la gloire germaniques, mais ils emploient chaque jour à se mettre en condition meilleure de les accroître encore. Or, chez nous, le désastre de Sedan n'a pas porté ses fruits beaucoup plus de vingt-cinq années, puisque, en dépit des leçons de la guerre du Transvaal, de la guerre russo-japonaise, du mouvement pangermaniste, nous avons vu dans les dernières années commettre avec plus d'insistance encore que jadis exactement les mêmes fautes qui ont amené notre défaite de 1870. Comme Capus le constate :
Xons avons toujours excellé à ne tirer aucune leçon de l'expérience et les phis effroyables catastrophes n'ont eu jusqu'à présent d'autre conséquence que de nous fournir des sujets de conversations, (Voir Le Figaro, 2 octobre 1911.)