III. NOS EFFORTS NE SONT PAS TOUJOURS PROPORTIONNÉS
A l'importance du but a atteindre
Un autre défaut français est de ne pas proportionner au moment nécessaire la grandeur de l'effort à l'importance du but à atteindre.
T. .««o . i<M< Exemple : au moment de l'affaire
En 1908 et en 1911. . .. . . a r u\ ai
des légionnaires de Casablanca, à la
fin de 1908, la France, quoique prise au dépourvu, et bien qu'il s'agissait, en réalité, d'un simple incident, s'est montrée nettement décidée à la guerre. M. Clemenceau interprétant justement le sentiment public a parlé à Berlin avec la résolution nécessaire et nous avons aussitôt obtenu satisfaction.
Mais quand, en juillet 1911, l'Allemagne envoya la Panther à .\gadir, donnant à ce geste une signification menaçante et soulevant une question d'intérêt capital pour la France, — assurément beaucoup plus importante que l'incident des légionnaires de Casablanca, — l'opinion publique ne s'émut pas aussi vivement qu'en 1908. Elle ne manifesta ses sentiments que cinq ou six semaines après l'ouverture des négociations. Il résulta de cette lenteur à prendre position, que notre gouvernement ne s'est pas trouvé, dès le début des conversations avec Berlin,
dans l'obligation de tenir un compte strict des tendances de la nation. Et c'est, en partie, pour avoir manifesté sa volonté trop tard, que l'opinion française s'est trouvée finalement en présence de concessions considérables promises au Congo et au Maroc que le Parlement a dû ensuite ratifier. (Voir p. 361 et suivantes.)