IV. LES MEILLEURS PRINCIPES DES LOIS NOUVELLES
SONT DÉGRADÉS OU F.^USSÉS PAR lEUR APPLICATION' POLITICIENNE
Aucun texte de loi ne peutêtre assez formel, assez strict pour qu'on ne puisse le tourner, au moins dans une certaine mesure. De bons textes de lois ne donnent donc de bons résultats pratiques que si ceux qui les appliquent s'inspirent réellement de la volonté des législateurs.
Or, presque toutes nos récentes lois sociales qui partent de principes souvent généreux sont faussées, à la fois en raison des défauts de leurs textes et de l'application politicienne qui en est faite. L'incompétence de nos législateurs et surtout leurs préoccupations de surenchères électorales ont raison des intentions les meilleures.
Quand, en 1900, on voulut régle- L apprentissage . i . -i j i •
menter le travail dans les usines, compromis. . i.. j. r •- • j
on eut 1 idée, partaite en soi, de
protéger tout spécialement les apprentis, mais les députés ne voulurent pas tenir compte des objections des industriels, d'ailleurs à peine consultés.
Le Parlement a donc voté des mesures si draconiennes, quand un seul apprenti se trouve dans un atelier, que, pour éviter l'application de ces mesures qui entravent réellement la production industrielle, les patrons refusent maintenant d'avoir des apprentis dans leurs fabriques. Résultat : on constate dans presque tous les métiers une crise de l'apprentissage des plus inquiétantes pour l'avenir. On ne fait plus d'apprentis et la plupart des jeunes gens, qui autrefois auraient appris à gagner leur vie dans un atelier, res-
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tent, au sortir de l'école primaire, à traîner dans les rues où ils deviennent souvent de précoces et cruels apaches.
, , La loi de 1905 sur l'assistance
Les résultats •ni • p x
aux vieillards, aux inurmes et aux de la loi d assistance . , , . • . . i -
incurables, est basée effalement sur
aux vieillards. , ■ , ,- rw i
une bonne intention. Dans la pratique, elle a abouti à des abus incroyables. Toujours par l'effet des protections politiciennes, des hommes dans la force de l'àgc et bien portants ont trouvé le moyen de se faire assister comme infirmes ou incurables.
Aussi, le nombre des assistés est-il en progression incessante. (Voir Le Temps, 24 décembre 1911.)
Un autre effet déplorable de la loi a été d'affaiblir le sentiment des devoirs des enfants envers les parents. Maintenant, en effet, les «jeunes " se déchargent sur l'État du soin d'assurer aux « vieux " le pain des dernières années. lisse disent que, grâce à leurs amis politiques, ils obtiendront toujours le concours financier officiel qui les libérera euxmêmes de cette charge cependant si naturelle et si morale.