II. I,A RKPRKSSIOX A l' ÉTRANGER
C'est seulement en France que nous voyons tomber en désuétude les lois protectrices de la sécurité sociale.
- , ^ En Allemagne aussi, certains sa-
Le sahotage , ^ i • r .
,,, Dotases sur les voies terrées ont eu
en Allemagne ,. . ., , , ,
. . , X "PU mais lis ont ete très rares, car et en Angleterre. 7 , ,
presque chaque fois leurs auteurs ont
été arrêtés et punis. Par exemple, dans la nuit du 18 au
19 juillet 1911, on remarqua que des rails avaient été
déboulonnés près de la station de Langenbrucken dans le
grand-duché de Bade. Le lendemain même, le saboteur
était arrêté et l'enquête fut si vivement menée qu il dut
laire des aveux complets. (Voir /^ Matin., 20 juillet 1911.)
En Angleterre, le sabotage des voies ferrées est à peu près inconnu, car la législation toujours appliquée est si ferme qu'on ne se risque pas à en encourir les rigueurs.
D'après la loi britannique :
« Toute personne coupable d'avoir intentionnellement placé sur les rails une pièce de bois ou un obstacle quelconque dans le but d'obstruer le passage ou de renverser, d'endommager une machine ou des wagons, sera passible de servitude pénale à vie ou pour une période de trois ans au minimum.
» Le sabotage de lignes télégraphiques, de câbles sous-marins, peut être puni de deux à cinq ans de servitude pénale, celui de l'éclairage électrique comporte des peines de deux à cinq ans également. (Voir Le Matin, 17 juillet 1911.)
256 LA CRISK FRANÇAISE
En ce qui concerne la protection Comment , , • , • i « i •
„ , ^ de la vie humaine, les Anjrlais sont
en Grande-Bretagne . ., , ,
impitovables.
on protège la vie V, r ,,i , »t u
Une temme, Margaret Murpny,
resta veuve avec six enfants. Elle travailla avec acharnement, mais la misère fut la plus forte. Elle perdit la tête et, en juin 1911, avala du poison après en avoir donné à son plus jeune enfant âgé de sept mois. Celui-ci succomba, mais la veuve survécut. La cour criminelle centrale devant laquelle comparut la mère coupable la condamna à mort.
Evidemment, ce verdict peut nous paraître excessif, cruel même, puisque, chez nous, l'accusée très probablement eût été acquittée, mais ce qui est certain, c'est que de tels exemples sont connus dans toute l'étendue des îles Britanniques et y exercent une si salutaire terreur que le nombre des crimes est infiniment plus restreint qu'en France.
m. LA NOTION DU DROIT s'aFFAIBLIT CHEZ NOUS
Une des conséquences les plus redoutables de la nonapplication des lois, des passe-droits et des faveurs accordés par les politiciens est que la notion du droit s'affaiblit chez nous, datis tous les milieux sociaux.
Comment pourrait-il en être au-
, ,. trement quand le plus modeste
recommandations . ^ ^ ,
-.^. . français peut constater qu une
politiciennes. * f , ,, ^ ,.
recommandation d un « arrondisse-
mentier » bien choisi lui est plus utile qu'un diplôme
acquis au prix d'un travail soutenu ou que son bon droit
pur et simple?
Les non-lieu politiques scandaleux, lors de certaines
poursuites, la différence prodigieuse des condamnations, selon qu'il s'agit d'amis ou d'adversaires politiques, ont achevé la déroute de l'idée de justice dans les masses.
j,,. . D'autre part, la propagande de la
j , j C. G. T. a détruit la notion de
de la propagande , . , , x,., .
,,-,„, droit chez les ouvriers. Elle leur
de la C. G. T. ,
enseigne qu ils sont tout et le patron
rien. Pareille théorie ne laisse même plus place pour
l'idée de contrat, donc de droit, dans les rapports entre
employeurs et employés.
Il fut un temps, certes, où les patrons abusaient des ouvriers ; nous sommes maintenant dans la phase contraire. Un patron qui doit plaider devant le conseil des prud'hommes est presque condamné d'avance, parce que pati-on. Mais, reconnaissons-le, la responsabilité de cette faillite de Tidée de droit remonte moins à la C. G. T. qu'aux politiciens, maîtres du pouvoir, qui pour faciliter leurs élections n'ont su que flatter les ouvriers sans jamais leur dire que, s'ils ont d'incontestables droits, ils ont aussi des obligations positives.
Donc, un peu partout dans le pays, la notion du mien et du tien et la conception du droit sont fortement ébranlées. L'intérêt personnel et immédiat règle tout.
La résultante de l'impunité croissante qui se laisse
constater chez nous est donc :
Un amoindrissement général du principe d'autorité sans lequel aucune société humaine ne peut vivre et prospérer.
Un ajfaiblissement de la notion du droit qui constitue une régression sociale et un arrêt très net dans nos progrès vers la civilisation.
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