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IV. LES INSTITUTEURS ET LA DISCIPLINE

Sous l'influence de leurs préoccupations politiciennes dé trop nombreux instituteurs français s'occupent sans ardeur des enfants qui leur sont confiés. Ils accomplissent strictement les heures de présence auxquelles ils sont astreints

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par les règlements, mais n'ont pas toujours au cœur le désir profond d'aider et de servir leurs élèves.

Comment d'ailleurs veut-on que les instituteurs éduquent et disciplinent les enfants qui sont leurs élèves alors qu'euxmêmes donnent de plus en plus l'exemple d'uiie insubordination intolérable?

. ., ^. C'est M. Roussel, à la fois adhé-

Agitation ■ i ^ , rw, . ■ i

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et msubordmation. * „,,, . i , „ ■ ,

la réaëralion nationale des Amicales

des instituleurs et institutrices de France, qui est intervenu, en décembre 1911, auprès de M. Steeg, ministre de l'Instruction publique, à propos de la censure infligée à M. Léger, secrétaire général de la Fédération des syndicats d'instituteurs de France. (Voir Le Temps, 22 décembre 1911.)

Un élève-instituteur est renvoyé de l'école normale d'instituteurs d'Angers; aussitôt ses camarades se mettent en grève et le ministre se voit dans la nécessité de licencier l'école sine die. (Voir Le Temps, 22 décembre 1912.)

Au moindre rappel effectif à la discipline, les corporations d'instituteurs font bloc contre leurs chefs hiérarchiques.

liC but de toutes ces agitations, ditZ<e Temps (23 janvier 1912), le but évident est de substituer à l'autorité légale et responsable l'autorité anonynte des fédérations syndicales. En même temps qu'on dispute sur la procédure, on poursuit l'action directe... Et du haut en bas, éclate la même anarchie organisée. Qui ignore désormais que les directeurs d'école voient presque partout leur autorité minée par les adjoints, qui ne supportent ni avis, ni conseils, et prétendent que la direction se borne à l'exécution de leurs volontés réunies?... Les responsabilités mêmes frappent tous les yeux : lâcheté de la Chambre qui sous le ministère Rouvier n'osa pas écraser dans l'œuf ces syndicats révolutionnaires, lesquels, depuis 1906, continuent à se déve-

lopper, ainsi en sections affiliées aux groupes tolérés; faiblesse des ministres qui ont plus d'une fois reçu à bras ouverts leurs représentants ; nomination aux postes élevés des inspecteurs secrètement favorables à ces menées et à cet esprit révolutionnaire ; tractations, capitulations, temporisations, réintégrations également dangereuses, quelquefois scandaleuses.

L'aboutissement de ces capitulations répétées, Le Temps, du 7 avril 1912, le constatait ainsi en commentant l'ordre du jour voté, le 5 avril 1012, par le congrès de la Fédération des amicales d'ins/ifu/eurs :

Ce n'est pas sans stupeur que l'on a pu lire l'ordre du jour voté par ces fonctionnaires, qui font passer le souci de leurs petites affaires avant celui de la u sécurité publique et de l'armement naval n . Ainsi, voilà des hommes chargés d'éduquer les enfants et qui considèrent comme tout naturel de défendre leurs intérêts immédiats au mépris non seulement de la patrie, mais même de la classe ouvrière ! Car ces messieurs affirment que « l'extension de l'école publique est aussi urgente que l'extension des services de la défense sociale et de la défense nationale « , et ils réclament « des efforts financiers » , qui, malgré leurs formules ambiguës, restent l'objectif suprême de leurs revendications. Or, M. Pierre Baudin a établi, dans son dernier rapport an Sénat, que les crédits accordés à l'enseignement primaire avaient été augmentés de 80 millions dans ces vingt dernières années, c'est-à-dire qu'ils avaient presque doublé! X'importe ! Il parait que « les efforts financiers 'i sont encore insuffisants. En vérité, quand chaque corporation aura sontenu aussi égoïstement ses avantages propres, que restera-t-il de la France?

Car messieurs les instituteurs ne se contentent pas de réclamer : ils menacent, u Tenons notre poudre sèche contre les pouvoirs publics v, disait hier on orateur du congrès. Voilà le langage que font entendre présentement des fonctionnaires !

Dans ces conditions, comment s'étonner des petits insurgés qui sortent trop souvent des écoles dirigées par des instituteurs cégétistes ? Quel concours ces jeunes gens donneront-ils plus tard à la nation? C'est certainement là un des problèmes les plus angoissants du prochain avenir.

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