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III. LES INSTITUTEURS KT LA POLITIQUE

Ces résultats pitoyables et humiliants s'expliquent, dans une large mesure, quand on sait à quel point les instituteurs primaires ont été détournés de leurs devoirs professionnels par leurs occupations et préoccupations politiques.

. X ., X Des milliers d'entre eux sont de-

Agents électoraux. ,. , , ,, .

venus, soit en qualité de secrétaires

de mairie, soit en raison de l'influence qu'ils peuvent

exercer sur les parents de leurs enfants, de véritables

agents électoraux que les politiciens ne se sont pas fait

faute d'employer.

. En outre, l'Affaire Dreyfus a dé-

^. .,.^ .^ chaîné, chez beaucoup d'instituteurs,

et antimihtanstes. , , . i . , , ,• -i-

le mouvement socialiste et antimih-

tariste. L'exemple d'en haut et la faiblesse de leurs chefs n'ont fait que les encourager dans cette voix, .aujourd'hui, des milliers d'instituteurs français n'enseignent des programmes officiels que ce qui ne contredit pas leurs convictions particulières et ces convictions particulières sont souvent caractérisées par l'adhésion d'un très grand nombre d'instituteurs à la C. G. T. qui ne rêve que de « chambardement n national.

Un fait en dit plus long que de nombreux commentaires sur l'état d'esprit des instituteurs.

Le 1" congres des amicales d'instituteurs et d'institutrices

LES CAISES 275

pMics de France cl des colonies s'est teuu à Xautes, les 7, 8, 9 et 10 août 1911. Il a désigné parmi les membres du bureau de la Commission permanente comme président, M. Roussel, de la Seine, qui dans sa déclaration de candidat avait très nettement exposé qu'il est instituteur syndiqua, affilié à la C. G. T. et que ses sympathies vont aux réformistes. Mme Deghilage (\ord) qui, d'après sa profession de foi, est syndiquée, affiliée à la C. G. T. et partisan de l'action directe, a été désignée pour être l'un des deux vice-présidents du bureau. (Voir Bulletin de l'Union amicale des instituteurs et des institutrices publics du déparlement de la Seine, 5 novembre 1911, pages 5104 et 5105.)

C'est ce Congrès des amicales qui faisait dire à La République française :

Ils vont bien les maîtres de nos écoles et c'est plaisir de penser qu'on conGe à des gaillards de ce genre l'éducation des enfants. Us vont même si bien que, à un certain moment, M. le directeur de l'enseignement primaire, qui semblait pourtant résigné à tout, a trouvé que ses subordonnés abusaient vraiment du droit de lui faire avaler des couleuvres, a pris son chapeau et est sorti de la salle des séances.

Les congressistes, d'ailleurs, pour ne pas faire de jaloux, ne se sont pas contentés de manifester à leur supérieur seul des sentiments qui n'ont avec la déférence et la cordialité que des rapports lointains. Tout le monde en a pris pour son grade; le gouvernement, les préfets, le Parlement et les parlementaires. Ce fut à l'adresse de tous une distribution d'aménités d'un goût exquis. (Cité par Le Journal, 12 août 191 1.)

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