V. Les syndicalistes allemands constituent-ils un État dans
l'État? — Leur caractère réaliste.
Si nous constatons un affaiblissement général des organismes de l'Etat, nous observons par contre une concentration de forces qui se groupent dans le bat de faire pression sur l'Etat affaibli ou dévoyé. Ces groupements sont devenus déjà tellement puissants que la France est, en fait, gouvernée par une série de minorités organisées qui exercent une action telle sur l'Etat français que celui-ci, qui à certains égards est un tyran, apparaît à d'autres comme un esclave.
M. Camille Sabatier, dans La Dépêche de Toulouse (septembre 1911), a parfaitement montré le danger du régime de factions qui est devenu le nôtre.
C'est d'ailleurs la folie du jour que d'arborer cocarde et de s'isoler dans des camps ennemis. Tandis que sur le terrain économique le principe de la lutte des classes, après avoir jeté les ouvriers contre les patrons, les ameute maintenant contre les paysans, les docteurs d'une politique nouvelle rêvent de « partis organisés «. C'est par de doux philosophes, les Benoît Malon, les De ville que les ouvriers ont été organisés en partis. Quels ont été les successeurs du doux Benoît Malon : ce fut Guesde, puis Allemane, puis Griffuelhes. Maintenant ce sont les saboteurs. C'est le propre des partis cohésifs et organisés qu'ils sont de plus en plus menés par les violents. La surenchère est le moyen fatal de ceux qui veulent parvenir dans le parti. Les Romains avaient raison de n'avoir qu'un seul mot pour dire parti et faction. Tout parti organisé est une faction dans l'Etat. (Cité par L'Action française, H septembre 1911.)
Or, certaines de ces factions sont devenues chez nous véritablement redoutables.