I. ^ LA FRANC-MAÇONNERIE
L'action de la franc-maçonnerie sur notre politique n'est maintenant plus niée par personne. Pour être équitable, il faut reconnaître que la franc-maçonnerie française diffère sensiblement de la maçonnerie anglaise, allemande ou américaine.
a ^ . 11 est évident que la franc-macon-
Son caractère . „ ' . , ,, * ,,
\...^ . -, nerie en rrauce a loue un rôle poli-
utUitaire en France, , . . i r.,i , , .
tique très spécial. Elle a ete anticléricale, radicale et principalement « assietto-beurriste » . Envisagée par son côté utilitaire, on peut dire que, depuis trente ans surtout, la franc-maçonnerie constitue chez nous un syndicat d'arrivistes qui, grâce à une étroite solidarité d'appétits, soignent efficacement leurs intérêts.
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i\ussi, la franc-maçonnerie monte-t-elle jalousement 1^ garde autour des prébendçs gouvernementales.
Tant qu'il est resté des curés dans le garde-manger politicien, la maçonnerie a pu, en les jetant judicieusement en pâture aux masses populaires, reculer la réalisation de ces fameuses lois sociales que la bourgeoisie franc-maçonne et radicale promettait depuis longtemps au peuple tout en sentant vaguement le danger.
- . - Mais maintenant que la sépara-
Son mfluence . j ,=, i. . i,t% -
, , , -. tion des Eglises et de 1 Ltat est rea-
sur le declm. ,. - i • ., i
lisee, les dernières ressources de
1 appât anticlérical sont épuisées et la maçonnerie politicienne, mise au pied du mur, se trouve dans une situation difficile. Elle est encore puissante sans doute, mais son caractère secret est maintenant bien connu et sa force est minée par la marée montante des socialistes, des ouvriers et surtout par le discrédit causé par ses propres excès : scandales des fiches, etc. L'autorité de la franc-maçonnerie à laquelle, il y a dix ans seulement, nul n'osait toucher, est aujourd'hui si nettement battue en brèche, qu'au sein du parti unifié M. Poucet a prononcé « un réquisitoire très serré contre les ingérences de la franc-maçonnerie dans les luttes électorales et dans les syndicats " . (Voir Le Temps, 16 janvier 1912) ; au congrès de Lyon (février 1912), les rapports du parti socialiste et de la franc-maçonnerie ont encore été publiquement discutés dans les conditions qui prouve la décadence, au moins relative, de la puissance maçonnique.