CHAPITRE IV
Les questions litigieuses entre montanistes et catholiques à Carthage
Il serait, je crois, superflu d'insister sur le de Virginibus uelandis. On connaît le sujet qui y est traité, et pour lequel Tertullien dépense autant d'ardeur que s'il y allait de toute la vie morale des chrétiens. A Carthage, les femmes portaient le voile. Fallait-il que les jeunes filles le portassent aussi ? Une large tolérance permettait à chacune d'agir à sa guise ^ : il y avait des jeunes filles qui restaient voilées en tout lieu, dans Vecclesia comme dans les rues ; d'autres se couvraient le visage dehors, mais non pas à l'église ^. N'était-il pas opportun d'établir une règle uniforme ? De vives discussions s'étaient nouées à ce propos, où les principales intéressées, « uirgines Dei », et uirgines hominiim », comme les appelle Tertullien, se jetaient avec pétulance ^. Du moment qu'il s'agissait d'étrangler une liberté, Tertullien ne se sentait pas d'humeur à rester demeurer coi. Il n^écrivit pas moins de deux traités sur le sujet : l'un en grec, qui est perdu, l'autre
^ De Virg. uel., m (Œ., I, 886, 12) : Arbitrio permissa res erat, ut quaequc uoluisset aut tegi ant prostitui (sic).