L. Pastor, I
Rome, c'était là, semble-t-il, un sujet réservé qui ne devait être abordé qu'en dehors du synode, et au moment jugé opportun par les cardinaux l.
Ou je me trompe fort, ou l'on voit poindre ici une certaine méfiance à l'égard des conciles. Quelque chose de l'esprit du feu cardinal de Saluées survivait dans le sacré collège ~. On y éprouvait, au sujet des entreprises possibles dune grande assemblée délibérante, des appréhensions très semblables à celles qu'avait manifestées Martin V.
Il ne faut peut-être pas chercher d'autre explication à certaine lettre assez étrange d'Eugène IV à Gesarini.
C'était le jour même dé son couronnement (12 mars), et aussi celui de la ratification de ses promesses du conclave. Comme s'il eût eu devant les yeux la clause de son serment relative à la tenue du concile, le nouveau pape ne confirma les pouvoirs du légat qu'en ce qui concernait la « cause de la foi », c'est-à-dire la croisade en Bohême, et quelques autres affaires particulières. Puis, devenu soudain hésitant, indécis, il ajouta: « Quant à l'affaire du « concile, nous constatons un changement chez plusieurs 3. Ecris- « nous promptement tout ce qui sera survenu ou parvenu à ta (( connaissance. Joins-y ton avis sur ce qu'il y aurait à faire, et ne « manque pas de nous instruire en détail de la situation4. »
Tout était donc remis en question. Méfiance, indécision du côté du saint-siège °, et j'ajouterai, du côté du légat, manque d'empressement: à cette époque, Cesarini éprouvait une extrême répugnance à assumer les fonctions de président ; à deux ou trois