‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 109 sur 396 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

dispositions d'eugène IV 99

matie conciliaire, Eugène IV se sentait sans cloute plus à l'aise que son prédécesseur. Rien de compromettant dans son passé ne le gênait à cet égard : il n'avait pas, comme Othon Colonna, abandonné Grégoire XII, salué, en temps de schisme, l'autorité conciliaire, ni participé de sa personne à la déposition de deux papes. A Constance, où il n'apparut pas avant l'automne de 1415 l, son incorporation tardive n'impliquait en aucune manière la reconnaissance des décrets de la quatrième et de la cinquième session. Au besoin il eût dit alors, comme Grégoire XII, son oncle, qu'il n'attribuait de valeur qu'aux actes futurs de l'assemblée ~. Quant aux articles de la capitulation de Narbonne, au bas desquels, en 1416, il apposa sa signature3, ce n'était que la déclaration de la supériorité du concile par rapport à Benoît XIII, aveu qui, pour un italien partisan de Grégoire, n'avait rien de pénible ni d'embarrassant.

Par lui-même3 le choix de Condolmario, n'indique donc pas très nettement, de la part du sacré collège, l'intention d'orienter dans tel ou tel sens la politique du nouveau règne.

Un autre indice fait mieux connaître l'état d'esprit des cardinaux. Las du joug un peu dur que faisait peser sur eux la main de fer de Martin V 4, impatients de s'affranchir, désireux de goûter à la réalité du pouvoir, ils se lièrent entre eux, dès l'entrée en conclave, par une de ces capitulations dont l'époque précédente avait fourni divers exemples. Chacun d'entre eux jura — Condolmario comme les autres — que, s'il devenait pape, il s'en rapporterait à la majorité du sacré collège du soin de fixer le moment et le lieu de la célébration du concile. Il était bien question d'y opérer la réforme, mais seulement celle du clergé, des ordres militaires et des laïques : quant à la réforme du saint-siège ou de la cour dé

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