‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 112 sur 396 · LE PÉRIL HUSSITE · texte numérisé non relu

LE PÉRIL HUSSITE

reprises, il supplia Eugène, avec une chaleur presque indiscrète, de le décharger d'une mission pour laquelle il ne se sentait point fait '. Pour toutts ces raisons, le concile courait risque d'être une fois de plus ajourné.

Il faut en convenir, d'ailleurs : au moment où arrivait à échéance le terme fixé par le décret Frequens et par la bulle de Martin V, les circonstances les plus contraires se réunissaient pour rendre presque impossible la réalisation des promesses du saint-siège.

Qu'on se représente l'état de fièvre dans lequel la nouvelle des succès prodigieux des Hussites avait jeté la catholicité. Victorieux en Bohême, les hérétiques menaçaient de déborder sur l'Allemagne. Quelques jours encore, et les derniers défenseurs de l'orthodoxie allaient pactiser avec eux. Un seul espoir restait : cette armée que le légat s'etforçait de réunir, allant d'un prince à l'autre, prêchant la guerre sainte ; il fallait à tout prix qu'elle fût prête à jour fixe (le 24 juin). Le concile pouvait attendre.

Je laisse à penser si, à la date indiquée pour l'ouverture du synode, Cesarini se trouvait à Bâle, ou s'occupait seulement d'y envoyer quelque commissaire à sa place. Il s'alarma même du bruit que faisaient les premiers arrivants pour y attirer de nouveaux membres2 : diversion, suivant lui, oiseuse, inopportune, qui risquait de nuire à la croisade ! Des princes hésitants invoqueraient ce prétexte pour différer l'envoi des troupes dont on avait besoin ;

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