Monum. Ccmci7.,II
2. L'abbé de Vézelay et les délégués de l'Université de Paris écrivirent, vers le 10 mai, à quantité de prélats, de princes et d'Universités (F.-J. von Bianco, loc. cit. ; Monum. Concil.,1, 71, 77-79; II, 17).
ils s'en reposeraient sur le concile du soin de créer d'autres ressources. Ecrire, il le fallait, mais à seule fin d'accélérer les levées militaires. Quant aux membres retardataires, il n'appartenait qu'au pape de les relancer. Si Ton envoyait, à cet effet, des messages à Rome, l'inconvénient serait moindre: cela laisserait, au moins, au légat le temps d'accomplir sa mission belliqueuse. Tel est le langage que Cesarini tenait à la fin du mois d'avril 1431, et son porte-parole dans cette circonstance n'était autre que Jean de Raguse, qu'on ne saurait suspecter de tiédeur à l'égard du concile 1 .
Puis, comme si le souci de la guerre de Bohême n'était pas suffisant pour détourner de Bàle la pensée d'Eugène IV, voici qu'au même moment une autre guerre éclatait dans son voisinage, à sa porte.
La faute en est peut-être moins à lui qu'à son prédécesseur. La complaisance exagérée de Martin V pour ses neveux avait élevé les Colonna à un degré de puissance peu compatible avec la sécurité du saint-siège ~. On crut cependant pouvoir s'entendre au début du nouveau règne. Eugène reçut le serment du jeune Antoine Colonna, prince de Salerne, naguère commandant des troupes pontificales, et se fit remettre par lui, outre quelques milliers de ducats, le port d'Ostie, le Ponte Molle et le Château- Saint- Ange :!. C'était quelque chose ; mais il restait bien d'autres restitutions à faire : celle de plusieurs places d'Ombrie ou de Campanie, celle des objets de valeur laissés par le dernier pape dans le palais des Saints-Apôtres, celle peut-être de l'immense
1. Monum. Concil., I, 73; J. Haller, Concil. Basil., II, 7. — J. de Palomar rapporte cependant que Cesarini, en apprenant l'élection d'Eugène IV, lui aurait écrit pour l'exhortera venir à Bàle.
2. V. J. Guiraud, L'État pontifical après le Grand Schisme (Paris, 1896, in-8°), p. 50 et suiv.
3. Andréa Billi (Murât., XIX, 143); D. Capranica (Monum. Concil., II, "19); Infessura(éd. Tommasini, Fonti perla storia d'Itatiâ, VI, 1890, p. 26). —Les faits démentent l'affirmation de Biondo (déc. 111,1. 4), daprès lequel Antoine Colonna aurait aussi rendu spontanément Narni, Orte, Soriano, Gualdo, Nocera, Assise, Ascoli, Imola, Forli et Forlimpopoli.