‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 114 sur 396 · LA GUERRE AUX PORTES DE ROME · texte numérisé non relu

LA GUERRE AUX PORTES DE ROME

trésor que Martin V passait pour avoir amassé en vue de la guerre contre les Turcs ou de l'union de l'Eglise grecque 1. Faut-il ajouter qu'Eugène IV, qui devait son élection, paraît-il, à une intervention du cardinal Orsini 2, ne savait rien refuser à cette maison rivale de la famille Colonna 3 ? LTanimosité de ses conseillers les plus intimes a pu contribuer à rendre plus exigeantes dans le fond et plus impérieuses dans la forme ses revendications très légitimes. Dans tous les cas, on prête au jeune prince de Salerne cette boutade impatientée : « Plutôt que de « me laisser livrer aux Orsini tout dépouillé, je préfère défendre « ma fortune et ma vie 4 ! »

D'autre part, Etienne Colonna, de la branche de Palestrina, quittait Rome, dépité, à la suite d'un reproche que lui avait adressé Eugène IV 5. Prosper, le cadet des neveux de Martin V, un cardinal de dix-huit ans, trompait sournoisement la confiance du pape, recommandait sous main aux officiers de son frère de ne pas se dessaisir des places qu'ils occupaient, mettait Marino en état de défense, détournait son cousin Etienne du devoir, finissait par s'esquiver de Rome, à son tour, sans autorisation 6.

Bien qu'Antoine Colonna, déjà entré en campagne, et qui

1. Murât., III, n, 872 ; Theiner, Codex diplom., III, 122; Giorn. Napolet. (Murat., XXI, 1093). Cf. L. Fumi, / Colonna contro Romae papa Engenio IV, dans Bollelt. d. Societa Umbra di storia pairia, I, 1895, p. 611.

2. Paolo di Liello Pétrone (Murât., XXIV, 1130). Cf. Erich Kônig, Kardinal Giordano Orsini, Fribourg-en-Br., 1906, in-8°), p. 59, 60. — Dès son avènement, Eugène IV transféra le cardinal Orsini de l'évêché d'Albano à celui de Sabine, qui était plus riche et entouré des possessions de la famille Orsini, lui conféra plusieurs commendes, constitua en sa faveur une sorte de principauté, enfin le nomma vicaire temporel en Ombrie. Giordano devint un des personnages les plus puissants de l'État pontifical et l'un des cardinaux les plus riches de son temps {ihid., p. 61; J. Guiraud, p. 123, 169).

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