A. d'Herbomez, p
2. A cette conférence de Montbéliard, Jean de Neufchàtel, seigneur de Montaigu, et les autres conseillers de Philippe le Bon étaient autorisés à conclure de longues trêves, par exemple, de la durée d'un an (Bibl. de Dijon, ms. 956, fol. 29- 32) ; mais les attentats récents rendirent tout accord impossible. Au départ, les Bourguignons n'osèrent s'aventurer sans escorte dans un pays qui, jusqu'à l'Ilesur-lc-Doubs. était occupé, disait-on, par des troupes allemandes (Arch. de la Côte-d'Or, B 1647, fol. 60 v°). Cf. une lettre des consuls de Bàle au chancelier Bulin (ibid., B 11942, n° 143 bis).
3. Lettre adressée aux ambassadeurs de l'Université de Paris à Bàle par le chancelier Bolin fAutun, 25 juin) : « Quanquam pro parte dicti do mini mei ducis Burgundie nichil extiterit contra predictastreugas, ipsis durantibus, attemptatum ; nain, respectu captionis opidi Bellclbrtis, de qua dicte littere vestre mentionem faciunt, hoc factum extitit pro guerra et nomine domini nostri Begis, et non nomine seu de mandato vel consensu dicti domini mei ducis Burgundie, nec factures advoavit seu advoare intendit. » (Ibid., n° 143.)
4. Détails fournis par Jean Jouffroy dans un éloge de Philippe le Bon prononcé devant le pape Pie II (Kervyn de Lettenhove. Chroniques relatives à l'histoire de la Belgique sous la domination des ducs de Bourgogne, Textes latins, II, lii). L'enlèvement et le pillage de Belfort en juin 1431 sont passés sous silence par les historiens locaux même les plus récents (voir, par exemple, A.Papuchon, Notice sur Vhistoire militaire de Belfort, Belfort, 1889, in-8°, p. 7, et Henry
quarante-huit de ses vassaux adressèrent leur défi à Philippe le Bon 1. Nouveau succès d'Antoine de Vergy, cette fois à Dannemarie, entre Belfort et Altkirch. Il est question de certaine église où s'étaient réfugiés des gens de pied autrichiens, dont Vergy s'empara après trois jours de siège, et d'un massacre où auraient péri 3.000 hommes, femmes ou enfants 2. Cette horrible guerre se déroulait dans la région d'Alsace la plus voisine de Bâle. Elle fermait la route aux pères qui eussent voulu se rendre dans cette dernière ville, aux marchands qui devaient l'approvisionner : plus de ravitaillement, plus de sécurité, plus de concile possible 3 !
Dans cette détresse, les gens de Bâle — j'entends non seulement les magistrats, mais le légat et les premiers pères arrivés en vue du synode — multiplièrent démarches, prières, avertissements. On s'adressa au chancelier de Bourgogne 4, à Frédéric, à son bailli, à plusieurs de ses lieutenants, au roi des Romains Sigismond, pour le supplier d'intervenir, à un ambassadeur de Charles VII et à Charles VII lui-même, pour obtenir qu'il autorisât son allié à déposer les armes. Ce dernier fut menacé
Bardy, Élude historique sur Belfort aux XVe et XVIe siècles, dans le Bulletin de la Société Belfortaine d'émulation, 1898, p. 109). M. A. d'Herbomez (p. 425) luimême ne les mentionnait qu'avec quelques réserves, en faisant observer que cet événement n'était relaté par aucun autre chroniqueur; mais j'ai retrouvé dans deux lettres du chancelier Rolin, du 25 juin 1431, la pleine confirmation du récit de Jouffroy : la récente conférence de Montbéliard avait échoué par suite de l'attentat de Petermann de Morimont, « ac deinde viceversa eaptionis opidi Bellefortie et depredationis inhabitantium » (Arch. de la Côte-d'Or, B 11942. n° 143); et on y avait soulevé la question de l'indemnité à payer pour l'incendie de la ville, « taxa redemptionis incendii de opido Belliforti » \ihid., n° 151).