LA GUERRE AUX PORTES DE BALE
lettres de défi de Frédéric, que Charles VII se chargea lui-même de faire parvenir à leur adresse J, enlevèrent toute chance de réussite aux tentatives de conciliation : une conférence tenue le 15 juin ne servit qu'à constater l'impossibilité d'une entente 2. La situation empira vite ; car, presque au même moment, un capitaine bourguignon perpétrait un acte de violence infiniment plus grave, dont le gouvernement de Philippe le Bon déclina vainement la responsabilité 3 : avant le 25 juin, Antoine de Vergy s'emparait nuitamment, par escalade, de Belfort, massacrait la garnison, mettait la ville au pillage, incendiait le pays 4. Aussitôt, à l'exemple de Frédéric d'Autriche, deux cent
Mgr l'evesque et de ceulx de ceste ville et celles du bailli de Montbeliart qu'ilz escripvent à M. le Chancelier et à vous. Mais, ad ce que je puis appercevoirpar la teneur de celles, il sera bien dificille de ravoir lesditz prisonniers, se ledit Piètre n'est contenté de ce qui lui est deu par ledit Mgr, maismement s'il n'a este compris es abstinences. Lesquelles se j'eusse veuez, j'en eusse parlé plus fermement. Et pour empescher guerre sur les païs de Mgr pardeça, il sera très expédient de contenter lui et les autres à celle journée qui doit estre audit lieu de Montbeliart: car, à ce qu'il semble, il on grant envye de faire plaisir à Mgr, mais qu'ilz soient contentés. Et on dit que le duc d'Auteriche a grant envye de deffier ledit Mgr et d'envoyer gens d'armes pardeça contre lui, et dit on qu'il a jà envoyé ses lettres de deffiance seelléès pour les mettre à exécution après ladiclc S. Jehan... » (Arch. de la Côtc-d'Or, B 11942, n° 121.) Cf. Monum. Concil:, I, 91; Concil. Basil., II, 12.