LE PAPE EVITE D ABORD DE SE PRONONCER XVII
à la question embarrassante qu'on lui avait posée sur le droit de juger les souverains pontifes : il se contenta d'exprimer l'avis, conforme, disait-il, à celui de plusieurs des « nations », qu'il n'y avait rien à décréter de nouveau à ce sujet '.
Celait s'en tirer à bon compte. Il est probable que, mis en demeure de s'expliquer sur le décret de la cinquième session, il eût fourni une réponse également évasive 2.
Ce silence de Martin V gêna tant, par la suite, les partisans de la suprématie conciliaire qu'ils voulurent, à toute force, voir une approbation des décrets de la quatrième et de la cinquième session dans une bulle du 22 février 1418 et dans une déclaration faite par le pape le 22 avril suivant. Examinons rapidement ces deux points.
La bulle Inter cunctas, du 22 février, condamne, entre autres propositions de Jean Wyclif, celle qui nie qu'il soit nécessaire de croire à la suprématie de « l'Eglise ro- « maine 3 », et elle ajoute, en reproduisant les termes d'un précédent décret : « C'est une erreur, soit qu'on entende « par Eglise romaine l'Eglise universelle, c'est-à-dire le « concile général, soit qu'on prétende par là nier la pri- « mauté du souverain pontife sur toutes les églises parti- « culières 4. » En vérité, il n'y a rien là qui tranche la question des rapports réciproques du pape et du concile : la primauté du pape est affirmée, au moins à l'égard des