OPPOSITION DE PLUSIEURS CARDINAUX
Puis, en regard de ces partisans, plus ou moins convaincus, de la dissolution, il convient de ranger neuf cardinaux alors éloignés de Rome, qui ne furent point consultés. Deux autres, à Rome même, manifestèrent leur répugnance. Ces derniers ne comptaient pas parmi les moins considérables. Louis Aleman, neveu de camerlingue, vice-camérier lui-même, successeur en Romagne de Gabriel Gondolmario, avait gouverné la Chambre apostolique pendant six ans !, et (détail qu'on ignore) venait d'être forcé de résigner son titre afin de céder la place au neveu d'Eugène IV ? : soit conviction, soit dépit, il multiplia les objections, inaugurant alors un rôle d'opposition qu'il devait soutenir avec la plus étrange ténacité. Jean Cervantes paraît avoir aussi reproché au pape d'outrepasser son droit ; il allégua les décrets du concile de Constance, dont il conservait soigneusement les actes par devers lui, et en appela au témoignage du vieux Giordano Orsini : celui-ci, en effet, n'était autre que le président de la session du 9 octobre 1417 où avait été promulguée la constitution Frequens. Aleman et Cervantes seraient allés jusqu'à prédire qu'Eugène IV, tôt ou tard, serait forcé de revenir sur une mesure qu'ils jugeaient inconsidérée 3.
pontife avait refusé « propter ejus mores taies qualcs », Eugène IV l'avait accordé au cours de sa maladie (déposition de Robert Auclou du 8 mai 1438 ; Bibl. nat., ms. lat. 1511, fol. 122 r°).