‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 151 sur 396 · RÉSISTANCE DES PÈRES · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE DES PÈRES

sèment de la paix, réforme de l'Eglise 1. En cas de dissolution, — ils avaient de bonnes raisons de le croire, — l'Allemagne et d'autres royaumes feraient au pape « soustraction partielle d'obé- « dience » et procéderaient à la saisie des revenus des cardinaux. De nouveaux ambassadeurs allaient être envoyés, porteurs cette fois d'une « sommation » ; puis, par tous les moyens, les pères pourvoiraient à la continuation du concile et au gouvernement de l'Eglise. Peut-être alléguerait-on la supériorité du pape : à cette prétention romaine les pères de Bàle avaient une réponse toute prête, les décrets de Constance. En un mot, le concile, une fois constitué, se reconnaissait seul juge de l'opportunité d'une prorogation ou d'une dissolution 2.

La plupart de ces idées furent aussi exprimées dans un acte d'appel que plusieurs membres du concile interjetèrent, vers le 20 janvier, au pape mieux informé ou au concile lui-même. L'intention d'Eugène IV ne pouvait être d'effectuer la dissolution annoncée qu'au cas où les faits allégués seraient reconnus exacts : or, ces faits étaient faux, au dire des appelants. Dans le même acte, je remarque qu'on invoquait le décret Frequens comme réglant d'une manière générale les cas de translation, ce qui était contraire, on s'en souvient, à la lettre du décret et à l'interprétation romaine, et ce qui, d'ailleurs, ne pouvait avoir d'application au cas actuel, puisque la bulle du 12 novembre constituait non une translation, mais une dissolution véritable 3.

Symptôme également inquiétant : les gens de Bâle, en même temps qu'ils se plaignaient au pape, faisaient part de leurs intentions au reste de la chrétienté. Leurs ambassadeurs, Louis de la Palu et Henri Stader, en se rendant à Rome, devaient s'aboucher avec le duc de Savoie, avec le duc de Milan, avec le roi des

1. C'est ainsi qu'ils avaient déjà défini leur mission dans le décret du 1 i décembre.

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