ENCOURAGEMENTS DONNÉS AUX PÈRES
« Savoie insistent dans ce sens. Les pères comptent écrire de « nouveau aux prélats et autres pour qu'ils se hâtent de « venir, en les menaçant d'une censure encore plus grave que « la première. On se livre à de grands préparatifs1. »
Au milieu de cette fièvre, quel accueil pouvaient faire les gens de Bâle à la seconde bulle de dissolution? Le pape avait haussé le ton, fait un éclat, marqué de l'aigreur : en quoi cela changeait-il la situation d'une assemblée à laquelle « toute personne, « même de condition papale, était tenue d'obéir » ?
Cesarini crut cependant devoir se démettre de la présidence ; mais les pères, comme il l'avait prévu, le remplacèrent (8 février) ; ils fixèrent leur choix sur Philibert de Montjeu, évêque de Coutances 2. Et, d'ailleurs, une fois cette concession faite aux désirs du saint-siège, le légat, non seulement se garda de publier la bulle du 18 décembre et de sortir de Bâle, comme il lui était prescrit, mais, déclarant attendre de nouveaux ordres, rédigea, à l'adresse d'Eugène, une troisième épître, dans laquelle, en réponse au reproche de la bulle, il se justifiait longuement et justifiait le synode d'avoir voulu donner audience aux Bohémiens 3. Suivaient de graves avertissements. L'Allemagne, menaçante et furieuse, se soulevait contre la cour de Rome : celle-ci, disait-on, ne songe qu'à sucer l'argent des clercs ; peu lui importent la réforme, la foi, l'intérêt général ! Le seul effet de la bulle de dissolution était de faire accourir à Bâle de nou-