‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 156 sur 396 · Palacky, loc. cil · texte numérisé non relu

Palacky, loc. cil

2. Ihid.; Concil. Basil, 11, 27 ; Monum. Concil., II, 110, 122; Jïneas Sylvius De rébus Basileee gestis (éd. Fea), p. 44.

3. Monum. Concil., II, 111-117. — Je signalerai tout un traité inédit relatif à cette question, De justificatione vocationis Bohemorum (Bibl. nat., ms. lat. 1548, fol. 43-52). L'auteur passe en revue les opinions des docteurs, cite l'exemple de conciles ayant institué des discussions publiques avec des hérétiques, rappelle même les débats entre chrétiens et juifs autorisés par Benoît XIII : pourquoi ne chercherait-on pas à convaincre les Bohémiens, dont l'hérésie n'est pas vieille de plus de quinze ans, alors qu'on ne renonce pas à convertir les Grecs, qui ont quitté le droit chemin depuis plus de. 300 ans ? « Et pro illis jam inveteratis hereticis novum indicitur Concilium : cur proistis novellis, ex quibus majus timetur periculum, non permittitur manere Concilium ceptum et longe ante indictum? »

veaux pères, qui se fussent sans doute abstenus d'y venir dans d'autres circonstances. De jour en jour l'audace croissait: les pères se disaient prêts à mourir plutôt que de se disperser. Il y avait plus : on contestait tout haut à Eugène IV le droit de dissoudre l'assemblée ; on alléguait « certains décrets faits à Constance » , sur lesquels le légat n'osait point dire son sentiment, mais dont, chose singulière, il jugeait à propos de mettre le texte sous les veux du souverain pontife, comme s'il se fût agi de documents peu connus '[. Pour conjurer tous ces périls, le pape n'avait qu'à prononcer un mot ; cette rétractation n'aurait rien de honteux pour lui : elle serait, au contraire, son éternel honneur ~.

Si tel était le langage du cardinal-légat, on imagine sans peine ce que devaient penser et dire les clercs composant l'assemblée.

Une idée mise en avant à Bâle sur ces entrefaites fît rapidement son chemin : répondre à l'éclat du 18 décembre par un éclat semblable, et au consistoire romain opposer une session bàloise. Ce projet ne souleva qu'un petit nombre d'objections, de la part notamment de Jean Picart, abbé de Cîteaux, et de ceux qui, comme lui. redoutant une rupture avec Rome, jugeaient prudent d'attendre le retour des ambassadeurs. La majorité passa outre. Gesarini lui-même se laissa bientôt convaincre : on l'avait persuadé qu'on s'en tiendrait aux termes des déclarations de principes déjà faites à Constance 3. Bref, la session eut lieu le 15 février.

Le concile de Bâle avait été duement, légitimement, régulièrement commencé. Sa puissance résultait des décrets de Constance de la quatrième et de la cinquième session, réédités pour la circonstance. En conséquence, le concile déniait à toute per-

1. J'ai lu, dans un traite postérieur, qu'il existait un grand nombre de copies de ces décrets de Constance, mais que nulle part on n'en pouvait trouver d'expédition authentique (Bibl. Angélique de Rome, ras. 90, 4e foliotage, fol. 3 v°).

Page 1