‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 16 sur 396 · LA BULLE INTER CUNCTAS XIX · texte numérisé non relu

LA BULLE INTER CUNCTAS XIX

titre de concile général au synode de Constance à une époque où celui-ci ne représentait encore qu'une ou, au plus, deux obédiences1. En outre, font-ils observer, les décrets des quatrième et cinquième sessions rentrent dans la catégorie des choses que le concile « a approuve vées en faveur de la foi, pour le salut des âmes », et qui s'imposent à tous les fidèles, aux termes de la bulle : donc Martin V reconnaît ces décrets et, par suite, la suprématie conciliaire 2.

Ce raisonnement me paraît peu convaincant. Il est bien clair, que pour les raisons qui ont été indiquées ci-dessus, le pape ne pouvait refuser le titre de concile à une assemblée dont il avait fait partie dès le début ; mais il ne s'occupe ici que des décrets de ce synode ayant trait à l'hérésie hussite, décrets; d'ailleurs, que le concile actuellement confirme [approhavit et approbat. . . condemnavit et condemnat) 3, et que lui-même vient de ratifier par l'autorité apostolique, en « suppléant à tous les manquements qui s'y <( pourraient rencontrer » 4. C'est sur ces décrets, solidement établis, qu'il ordonne d'interroger les Hussites et nullement sur les principes, plus ou moins hasardeux, posés au cours de la lutte des pères contre Jeau XXIII. Pour une raison semblable, je refuserais aux avocats du saint-siège le droit de tirer parti, comme ils ont voulu le faire 5, d'une autre ques-

1. Les sentences contre Wyclif, Jean Hus et Jérôme de Prague furent prononcées dans les 8e, 13e, 15e, 19e et 21e sessions (4 mai, 15 juin, 6 juillet et 23 septembre 1415, 30 mai 1416). Ces trois dernières sessions sont postérieures à l'approbation du concile par Grégoire XII.

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