‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 160 sur 396 · INTERVENTION DU ROI DES ROMAINS · texte numérisé non relu

INTERVENTION DU ROI DES ROMAINS

la réforme et, plus que jamais, maintenait le rendez-vous fixé en Emilie.

La cause des gens de Bâle avait été pourtant plaidée, on s'en souvient, par le roi des Romains l. Mais quel crédit pouvait alors avoir auprès du pape l'allié du duc de Milan, cet adversaire systématique de tout ce qui tenait de près ou de loin à la république de Venise ? Naguère encore Philippe-Marie exhortait Sigismond à s'avancer vers Rome dans un appareil menaçant, à s'appuyer sur tous les ennemis d'Eugène IV et à obliger de force le pape à lui octroyer la couronne impériale, objet de sa convoitise 2. Sous l'intérêt que le roi témoignait au concile, on devinait, en outre, je ne sais quel calcul, le désir peut-être d'exercer sur Eugène une sorte d'intimidation : quelqu'un a dit irrévérencieusement que, pour se concilier la faveur du saint-siège, Sigismond entendait se servir du concile, à peu près comme il se servait d'un mors pour maîtriser son cheval 3. En tout cas, Eugène IV se prêta mal à ses desseins. Il commença par ne pas répondre aux instances du roi 4, puis indiqua clairement qu'il n'en tenait nul compte. Ses lettres des mois de janvier ou de février à Sigismond ne sont guère que la justification des résolutions déjà prises. Le prochain concile allait s'ouvrir à Bologne, dès 1433, c'est-à-dire après un retard vraiment insignifiant, nécessaire cependant pour laisser à la santé du pape le temps de se rétablir. Au demeurant, Eugène IV était tout prêt à faire certaines concessions pour donner satisfaction à des impatiences légitimes. Estimait-on que le règlement de la question

J . V. plus haut, p. J42.

2. Osio, III, 45. — Et cet autre conseil donné par le duc à Sigismond: « N'ajoutez foi à aucune des assurances que vous donnera le pape, quelque bonnes qu'elles soient; car, plus il vous en dit, plus il veut vous tromper » (ihid., p. 39).

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