Eneas Sylvius, De rébus Basilex gestis, p
4. Le 7 février, Sigismond supposait que ses lettres et celles du concile avaient été interceptées. C'est alors qu'ayant arrêté au passage le théologien liégeois Jean du Mont, il voulut l'obliger à retourner à Rome (Deutsche Reichstagsakten, X, 384, 386; cf. p. 381, 385, 391,394).
hussite ne pût attendre dix-huit mois, non plus que la réforme du clergé allemand ? Il consentait à ce que Cesarini expédiât ces affaires urgentes à Nuremberg, à Francfort, ou dans toute autre ville allemande choisie d'accord avec les Electeurs, pourvu que cette réunion gardât le caractère d'un simple concile provincial1. Au contraire, jugeait-on que de telles matières dussent être traitées dans un concile œcuménique ? Il voulait bien avancer le terme fixé pour le rendez-vous de Bologne : les pères de Bâle n'avaient qu'à prendre immédiatement le chemin de l'Emilie ; les autres prélats les y rejoindraient: Sigismond, après être venu se faire couronner à Rome, gagnerait Bologne de son côté, et la réforme s'accomplirait sans tarder, grâce au concours de toutes ces bonnes volontés groupées autour du saint-siège 2.
L'arrivée à Rome des ambassadeurs du concile (28 février) n'ébranla pas la résolution d'Eugène IV.
Il est vrai qu'ils apportaient et mirent sous les yeux du pape la première épître de Cesarini. On sait ce qu'était ce beau morceau d'éloquence pathétique et forte. Présentait-il au même degré les qualités de tact nécessaires pour toucher le cœur du pontife sans blesser sa susceptibilité ? Il est permis d'en douter. Eugène se savait malade et le rappelait volontiers : était-il cependant très adroit de le lui dire, et surtout d'insinuer que plusieurs en venaient à craindre que sa maladie ne lui eût ôté en partie l'usage de son jugement 3 ?
D'autre part, il est certain que l'évêque de Lausanne profita de l'audience du 6 mars pour faire entendre au pape de dures
1. A cette ofl're correspond une bulle non datée qui se trouve aux Arch. du Vat. (Armar. XXXIX, t. 7a, fol. 271 v°) : le pape confie à Cesarini la réforme du clergé allemand et l'autorise à convoquer les prélats d'Allemagne en un concile particulier qui doit se tenir dans une ville allemande autre que Bâle. La date de décembre 1431, proposée par R. Arnold (Repertorium Germanicum, I, 371), est sans doute un peu trop ancienne.
2. Deutsche Reichstagsakten, X, 383, 424, 425, 427 ; Monnm. ConciL, II,