‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 163 sur 396 · Osio, III · texte numérisé non relu

Osio, III

Et c'est ainsi qu'au bout de trois mois l'évêque de Lausanne et le doyen d'Utrecht rentraient à Baie les mains vides : ils n'avaient rien obtenu.

Ils rapportaient pourtant quelque espérance. Eugène, disaientils, serait amené tôt ou tard à modifier son attitude. La pression continue qu'exerçait Sigismond opérerait à la longue. Puis, chez les cardinaux, ils avaient rencontré des dispositions favorables1. Un parti du concile existait dans la curie — on s'en était bien aperçu dès le mois de novembre ; — il gagnait du terrain, il finirait par l'emporter, pour peu qu'on fût inébranlable2.

Ce n'est donc pas seulement par dévouement à leurs principes, mais aussi dans l'espoir de les faire triompher, que les pères tinrent bon en apprenant l'échec de leur ambassade, se raidirent contre la difficulté, et, enhardis en apparence par une résistance plutôt propre à les décourager, passèrent de la défensive à l'offensive.

Leurs prévisions, d'ailleurs, ne les avaient pas trompés : le printemps leur amenait des recrues. Au nombre d'une soixantaine vers la fin de février 3, ils dépassaient maintenant le chiffre de quatre-vingts. Une dizaine d'évêques rehaussait l'importance de la congrégation ; le groupe des abbés était encore plus compact ; les mitres, au nombre de trente-quatre à trente-sept, faisaient fort bon effet dans les cérémonies 4. Enfin le roi des Romains, par ses lettres ou par la bouche du duc-protecteur, ne

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