‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 162 sur 396 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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échec de l'ambassade ralotse 149

vérités l. Il est probable que les ambassadeurs passèrent ensuite des prières aux menaces, comme le prescrivaient leurs instructions, et il paraît impossible qu'Eugène IV ait continué à se méprendre sur la gravité de la situation, surtout après qu'il eut entendu, quelques jours plus tard, de nouveaux envoyés de Sigismond : le roi, invoquant ses devoirs et droits de chef de l'Empire, prenait le concile sous sa sauvegarde et déclarait ne pouvoir assister en spectateur indifférent à la ruine de la foi, à la destruction de l'Eglise 2.

Le danger donc dut apparaître aux yeux d'Eugène IV ; mais, avec son optimisme et, pourquoi ne point le dire ? son obstination habituels, il résolut de l'affronter.

La lutte contre les pères, contre Cesarini, contre le roi des Romains, le schisme même qui pouvait en être la conséquence, tout lui parut préférable à la prolongation d'un concile général siégeant, légiférant dans une contrée perdue, hors de sa vue et de son contrôle.

Qu'on y songe, en effet, ce n'étaient pas seulement la distance et les Alpes qui entre Rome et Bâle constituaient une barrière difficile à franchir : c'était encore, c'était surtout l'hostilité milanaise. Sait-on qu'à ce moment, pour empêcher qu'un second ordre de rappel parvînt à Cesarini, qui eût été tenté peut-être d'y obtempérer, Philippe-Marie faisait surveiller les routes de Lombardie, intercepter les lettres, arrêter les courriers, et conseillait à Sigismond d'agir de même du côté du Trentin 3 ? Entre le saint-siège et son légat, le fil des communications était virtuellement coupé. Pour mettre un terme à une situation aussi périlleuse, le pape persistait à ne voir qu'un moyen : ramener le concile en Italie.

1. Bibl. nat., ms. lat. 1575, fol. 44-18 ; Bibl. de Douai, ms. 1982, f0l, 34.38; Ampliss. collect., VIII, 69. Cf. Monum. Concil., II, 160.

2. En même temps, il se portait fort que rien ne serait tramé à Bâle contre l'honneur et les droits du saint- siège (discours de Nicolas Stock du 17 mars; Deutsche Reichstagsakten, X, 396 ; cf. p. 409 et Monum. Concil., II, 161).

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