‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 165 sur 396 · TROISIÈME SESSION · texte numérisé non relu

TROISIÈME SESSION

cessait de les encourager, les exhortait à procéder par voie de citation, répétait qu'il serait avec eux jusqu'à la mort, et se faisait fort de les garantir contre toute éventualité *.

Ils n'hésitèrent plus 2. Le 29 avril, au cours de leur troisième session, ils rééditèrent, pour la seconde fois, les décrets des quatrième et cinquième sessions de Constance. Un reste de déférence les empêcha de « citer » le souverain pontife, mais ils l'avertirent, le supplièrent de révoquer ses bulles par un acte non moins solennel que le premier, de venir à Bâle dans les trois mois, si sa santé le lui permettait, sinon, de s'y faire représenter, et, dans le cas où il refuserait de leur donner satisfaction, annoncèrent mystérieusement l'intention de pourvoir, selon les règles de la justice et l'inspiration de l'Esprit saint, aux nécessités de l'Eglise et de procéder comme de droit. Avec les cardinaux, ils ne crurent pas nécessaire d'user de tant de ménagements : ils leur adressèrent, ainsi qu'aux prélats et autres ecclésiastiques obligatoirement tenus d'assister aux conciles, une véritable citation. Faute par eux de s'exécuter dans les trois mois, terme de rigueur, il serait procédé contre eux : on les traiterait en contumaces 3 . Ce décret demeura pendant trois heures affiché aux portes de la cathédrale de Bâle. Le concile prit des mesures pour qu'il fût notifié au pape et aux cardinaux, placardé tout au moins à la porte du Palais apostolique et à celles des principales basiliques de Rome, sinon, publié dans trois autres villes d'Italie ; de toute manière, il était dit qu'au bout de quatre mois la monition et les citations sortiraient leurs effets, quelle qu'eût été la valeur réelle de la signification 4.

1 . Deutsche Reichstagsakten,X, 409, 411 et suiv., 438 et suiv. ; J. Haller, II, 92, 94.

2. A titre d'exception, on remarquera l'attitude de J. « de Montemartis », un des commissaires chargés de la rédaction du décret, qui refusa de s'en mêler et demanda acte de son refus (J. Haller, I, 253).

3. Exception n'était faite que pour le cardinal Albergati, occupé en France aux négociations de la paix. Au contraire, le délai n'était que de deux mois pour les cardinaux de Castiglione, Pierre de Foix et Alphonse Garillo, qui se trouvaient moins éloignés de Bàle que les autres membres du sacré collège.

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