Monum. Concil., II, 180 ; J. Haller, II
Cette audace fut récompensée. A quelques jours de là, le concile reçut une nouvelle qui, en le délivrant d'une grave incertitude, sembla lui présager le triomphe de sa cause.
Tant que les pères ne s'étaient sentis appuyés au dehors que par le faible duc de Savoie *, par le haineux duc de Milan 2 ou par le besogneux Sigismond, ils avaient pu se demander quel écho leur protestation éveillerait dans la conscience publique de la catholicité. De tous les royaumes peut-être, celui dont l'opinion leur importait le plus était celui auquel une tradition ratifiée par le consentement unanime des nations avait reconnu le titre de « royaume très chrétien », la France de saint Louis et de Charles V, je n'ose dire la France de Jeanne d'Arc, car, au lendemain du scandale judiciaire et du martyre de Rouen, qui osait évoquer le souvenir de la Pucelle ? mais la France de Charles VII, qui, malgré ses épreuves, jouissait toujours d'un incomparable prestige.
Eugène IV avait pu un moment espérer que la dissolution du concile serait acceptée en France et que les représentants de Charles VII prendraient sans hésiter le chemin de Bologne : c'est ce que paraît lui avoir promis, un peu à la légère, une ambassade française ayant à sa tête Philippe de Coëtquis, am-