XX INTRODUCTION
tion que Martin V ordonnait de poser aux mêmes personnes soupçonnées de connivence avec les Hussites : « Croyez- « vous qu'un pape canoniquement élu soit successeur de saint « Pierre et ait la suprême autorité en l'Eglise de Dieu ? » Voilà, dit-on, la négation de la suprématie conciliaire. — En aucune façon. La bulle, je le répète, n'a en vue que les points de doctrine contestés par les hérétiques de Bohême : elle ne cherche nullement à résoudre le problème des rapports réciproques du pape et du concile.
Il est aussi facile d'écarter l'argument tiré des paroles que Martin V prononça le 22 avril 1418, quand, pour répondre à une protestation des ambassadeurs de Pologne et pour mettre fin à une discussion qui s'était élevée au sujet d'un libelle de Jean Falkenberg, condamné déjà par les commissaires de la Foi, par les « nations » et par les cardinaux, il exprima l'intention « d'observer inviolablece ment tout ce qui avait été décidé et décrété, dans les (( matières de foi, par le concile conciliariter, et d'approuver, « les mesures prises ainsi conciliariter, mais non autrece ment 1 ». Eh bien, dit-on, les actes des quatrième et cinquième sessions intéressent la foi ; ils ont été décrétés con-
Pierre dal Monte, Contra impiignantes Sedis aposlolicœ auctoritatem : « Hanc veritatem diffinivit Martinus V, magna illa Sinodo Constantiensi approbante, ut in ejus epistola décrétait continetur quam contra errores Viclivistarum edidit, ubi hic articulus ad verbum describitur : Papa canonice electus habet supremam potestatem in Ecclesia. . . Quid, queso, ad hec respondere poterunt adversarii quo prava eorum dogmata défendant? » (Bibl. Vat., ms. lat. Vat. 4145, fol. 15 r°.) Cf. Bossuet, Def. Declar., II, v, 15.
1. Mansi, XXVII, 1201. —Le biographe anonyme de Martin V s'est évidemment souvenu de ces paroles quand il a écrit : « Cetera décréta ante ejus assumptionem facta. quatenus fidem catholicam concernebant, et non aliter, similiter recepit et auctoritateapostolica comprobavit. » (L. Duchesne, Liber Pontificalis, II, 517.) Incident également rappelé, mais d'une manière inexacte, devant Charles VII, vers 1 543, par le nonce Pierre dal Monte : « Sic Constantiensis Concilii gesta Martinus V. instantissime requisitus, non omnia voluit confirmare, sed ea tantum que ad fidem catholicam attinebant et que a tribus obedientiis fuerant constituta. ..(Bibl. Vat., ms. lat. Vat. 2604, fol. 258 y».)