‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 181 sur 396 · LE CARDINAL CAR1LL0 A AVIGNON · texte numérisé non relu

LE CARDINAL CAR1LL0 A AVIGNON

Monts, fît appuyer sa demande par les Avignonnais et déclara qu'il n'accepterait point d'autre désignation *. Il passait pour ne prendre sans l'avis de Carillo aucune décision grave dans les affaires ecclésiastiques -. D'autre part, Eugène IV semblait fort satisfait des services du cardinal espagnol, et, plein de confiance dans le jugement de Carillo, exhortait les Avignonnais à profiter de sa présence pour recourir à ses conseils 3.

C'est pourtant ce cardinal qu'on voulut opposer au prélat nommé par Eugène IV, et dont on prétendit se servir, avec l'aide du concile, pour ruiner dans le Comtat l'autorité du pape. Sa faveur auprès du roi, sa popularité, son mérite, tout lui rendait facile ce rôle singulier, à condition qu'il s'y prêtât. Il semble que Jean Mauroux eût de bonnes raisons de compter sur ses dispositions favorables. Quant aux pères, ils virent là une occasion de faire échec au souverain pontife, en affirmant leur puissance : ils se gardèrent de la négliger.

D'ailleurs, le neveu d'Eugène était mal noté à Bâle. comme

1. Lettre écrite par Charles VII, de Selles en Berry, le 31 mars [1432] aux syndics et gens d'Avignon. Il leur confirme, ce qu'ils doivent savoir déjà, que ses ambassadeurs récemment envoyés à Eugène IV [Philippe de Coëtquis et autres] étaient chargés de demander, dans l'intérêt général et dans celui de l'Église de France, si éprouvée, la nomination de Carillo comme vicaire du pape en deçà des Monts. Eugène IV, à son grand étonnement, tardait à satisfaire à cette demande ; mais il avait la chose à cœur et comptait insister : « Et aussi que vous povez beaucop aider en ceste matière, tant à en escripre à nostredit saint Père et y envoyer pour ce messages exprés, qui poursuivront, avec nos ditz ambassadeurs, la chose au nom de la cité d'Avignon ... Et pourrez faire savoir à nostredit saint Père que, se d'autre il y vouloit pourveoir, nous ne le soutirerions pas, ne ne Tarions agréable en quelque manière. » (Arch. d'Avignon, boîte 4, n° 24; extraits dans R. Rey, Louis XI et les Etats pontificaux de France, p. 251).

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