MAUVAIS ACCUEIL FAIT AUX NONCES
tant au 18 juillet, et rédigé dans des termes propres à leur inspirer de graves soupçons *. Ils le refuseraient peut-être : on semblait presque le souhaiter. Les délégués, dans ce cas, protesteraient pour la forme, mais donneraient aux nonces l'avis de déguerpir au plus vite et de ne rien faire, en s'en allant, d'offensant pour l'assemblée : sinon, ils ne répondaient pas des conséquences. Déjà peut-être les émissaires du pape avaient proféré quelque parole injurieuse, tenté quelque démarche indiscrète : dans ce cas, on les avertirait qu'ils étaient passibles de poursuites, que, par respect pour le saint-siège, on voulait bien leur pardonner, mais qu'ils prissent garde à l'avenir2.
Peu s'en fallut que l'ambassade ne se terminât de cette manière. Les nonces, qui avaient commencé par affirmer leurs desseins pacifiques et les sentiments bienveillants du pape à l'égard du concile3, se montrèrent fort mécontents du sauf-conduit qu'on leur offrait, et firent entendre, le 26 juillet, une véhémente protestation : ils se plaignirent de mesures offensantes pour le saint-siège, de l'arrestation de Geparelli, de la saisie des lettres envoyées de Rome, etc., conclurent à la nullité de tous actes contraires aux ordres du souverain pontife 4.
i. Ms. lat. 1575, fol. 129 r» ; Mansi, XXIX, 124. Cf. Monum. Concil., 11,211.
2. Instructions données par le concile à l'évêque d'Albenga, à l'abbé de Bonneval et à Henri Nithard, et communiquées à un envoyé du duc-protecteur qui accompagnait ces délégués (ms. lat. 1575, fol. 128 r°).
3. « Non enim nos in vestram perniciem aut turbationem hoc iter ingressi sumus, sed ut saluti vestre et paci consulamus, ymo ut toti Dei Ecclesie pro honestissimis votis ac optimis desideriis Domini nostri ab imminenti jactura succurratur. Hune siquidem gravissimum casum idem Pontifex maximus futurum prospiciens, post gemitus, lacrimas cotidianasque preces ad Deum, ut naviculam Pétri ab hac tempestate eripiat, jussit nos hue pergere, ut sui sancti propositi ac desiderii conscios vos faciamus, certosque reddamus hune ipsum patrem piissimum totum illum cetum Basiliensem summa caritate complecti, paterna benivolencia prosequi, omnem humanitatem polliceri. Nulle hune calumpnie, nulle prorsus injurie, nulli ausus temerarii ab illa sua innata mansuetudine atque clemencia evocare potuerunt. Confidite igitur, patres optimi, et vos ad meliora consilia vertite. Quorum hoc unum et primum est ut loquendi, standi, et abeundi plena licentia concedatur; quia, si patres illi dare decreverint, alia et longe meliora de nobis judicia facietis, sentietisque hune nostrum adventum ecclesiastice paci et glorie plurimum contulisse. » (Bibl. Vat., ms. lat. Vat. 1138, fol. 108- 114.)