‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 188 sur 396 · Ihid., fol. 130 v° ; Ampliss. collecta VIII, 1 lu · texte numérisé non relu

Ihid., fol. 130 v° ; Ampliss. collecta VIII, 1 lu

Le concile cependant ne crut pouvoir se dérober à la nécessité de les recevoir K II interpréta les termes du sauf-conduit qu'il leur offrait d'une manière quelque peu rassurante \ En revanche, il prit soin de définir ce qu'il fallait entendre par « perturbateurs » : ceux qui dans leurs démarches, paroles ou écrits tendaient à la dissolution ; ceux qui empêchaient le clergé de se rendre au concile ; ceux qui protestaient contre des décisions du synode, ceux qui les critiquaient, les auteurs de libelles, etc., autant de catégories de personnes tombant sous le coup du décret de la première session 3. Avis à qui se présentait avec des intentions hostiles ! Le président, bien entendu, n'oublia pas de faire aux suppôts les recommandations nécessaires. Enfin, le 14 août, les nonces purent pénétrer dans Bâle : il s'était écoulé six semaines depuis leur arrivée à Constance 4.

Ils attendirent encore leur audience huit jours. Les lettres du pape que présentait l'archevêque de Tarente portaient une adresse où ne se lisait point le mot de « concile » : de là protestation du président. Il consentit pourtant à ce qu'on en fît lecture. L'archevêque de Rhodes alors s'évertua à démontrer la nécessité de la concorde, si l'on voulait réaliser la conversion des Hussites, l'union des Grecs, la pacification de l'Europe, la réforme de l'Eglise : son discours qui exaltait le zèle d'Eugène IV, paraît avoir été médiocrement goûté 5. Le sujet véritable du conflit ne fut, d'ailleurs, abordé que le surlendemain

1 . Leur venue avait fait concevoir de grandes espérances aux Électeurs de Mayence et de Cologne, qui proposaient leur médiation (Deutsche Reichstagsakten, X, 524).

2. Ms. lat. 1575, fol. 130 r° ; Ampliss. colleei., VIII, 151.

3. « Si quis... perturbacionem. .. fieri procuraverit, experietur ulcione penali perpetrati facinorisgravitatem, et contra eum, tanquam communis pacis turbatorem, rigide procedetur. » (Monum. Concil., II, 60.)

4. Ihid., II, 211, 212, 226 ; J. Haller, I. 60; II, 182, 194. — Le 1er octobre 1432, Eugène IV remercia la ville de Constance du bon accueil fait à ses ambassadeurs (Arch. du Vat., Reg . 370, fol. 107 v°).

5. Bibl. nat., mss. lat. 1575, fol. 206, et 15627, fol. 52 ; Bibl. Mazarine, mss. 1684, fol. 37, et 1688, fol. 90;Mansi, XXIX, 468. Cf. J. Haller, I, 60; II, 197.

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