Ibid., p
cures des canons : « Peu importe, répliquaient hardiment les <( Bâlois ! Dans les décrets de Constance il n'y a rien d'obs- « cur 4. » C'est assez dire qu'ils repoussaient les propositions d'Eugène IV, et de leur refus ils indiquaient très franchement la raison : « Ce serait nous déjuger. Ce serait abroger les décrets « de Constance, non seulement le décret Frequens, mais ceux « des quatrième et cinquième sessions, qui subordonnent le pape « au concile 2. » Les pères terminaient par une allusion plus menaçante encore que tout ce qu'ils avaient pu articuler jusqu'alors contre Eugène : pour la première fois ils faisaient mention de l'affaire Capranica !
Affaire déplorable, dont il importe d'être instruit pour saisir tout ce qu'avait de critique à ce moment la situation d'Eugène IV.
Dominique Capranica, évêque de Fermo, dont j'ai eu l'occasion de noter l'intervention lors de la dissolution du concile de Sienne 3, avait été élevé au cardinalat par Martin V dans le consistoire secret du 24 mai 1426 4 ; admis au baiser de paix, il avait cependant reçu défense de révéler, soit par un mot, soit par un geste, soit par un changement quelconque dans ses habitudes, le nouveau caractère dont il était revêtu 5. Mais, le même jour, Martin V ordonnait, que, s'il mourait avant d'avoir rendu publique