‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 190 sur 396 · REJET DES PROPOSITIONS DU PAPE · texte numérisé non relu

REJET DES PROPOSITIONS DU PAPE

taient en sûreté que derrière les murs de Baie, et ne comprenaient même pas comment les Grecs pourraient faire difficulté de se rendre en cette dernière ville, eux qui s'étaient jadis transportés jusqu'à Lyon. Mais c'est" surtout la question doctrinale qui était traitée dans ce mémoire avec une ampleur singulière. L'argumentation reposait, bien entendu, sur les décrets des quatrième et cinquième sessions du concile de Constance, dont les termes étaient une fois de plus reproduits. Puis, pour rendre impossible toute échappatoire, on posait le principe de l'infaillibilité conciliaire : « Que personne, lisait-on, ne s'avise « de croire qu'un concile général légitimement assemblé « puisse se tromper ! Si cette pernicieuse erreur était admise, <( toute la foi catholique s'en trouverait ébranlée, il n'y aurait « plus rien de certain dans l'Eglise l. » Donc subordination du pape au concile, infaillible au double point de vue de la foi et de la réforme ; par suite, illégalité de la dissolution et légitimité de la résistance des pères. De là aussi cette monition si justifiée dont les nonces avaient tort de s'effaroucher de la sorte. Mais, objectaient ceux-ci, le concile ne peut juger qu'un pape soupçonné d'hérésie : doctrine surannée, qui ne tenait plus debout, depuis que le concile infaillible de Constance avait mis fin, sur ce sujet, à toutes les controverses2! Dès qu'un concile était réuni, il exerçait l'autorité de l'Eglise universelle, il s'élevait au-dessus même du souverain pontife3. Chef de l'Eglise, oui, le pape l'était, en effet, mais chef pour la servir, capul ministeriale . Nombre de papes avaient été condamnés, déposés4; aucun n'avait jamais excommunié 1 Eglise °. Et, comme on avait observé qu'au saint-siège appartient d'expliquer les parties obs-

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