‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 208 sur 396 · Mansi, XXXI · texte numérisé non relu

Mansi, XXXI

6. J. Haller, I, 60 ; II, 203 ; Monuin.Concil, II, 219 ; Deutsche Reichstagsakten, X, 573, note 7.

Dans le camp opposé à celui de Charles VII, on a déjà constaté l'adhésion au concile du duc Philippe le Bon. L'influence bourguignonne contribua peut-être à entraîner dans la même voie le gouvernement anglais ', obligé d'ailleurs à tenir compte des tendances du clergé parisien et normand . Or, le chapitre de Rouen est peut-être le seul qui, dès le mois de mars 1431, se soit préoccupé de la préparation du concile de Bàle ~ ; l'évêque de Goutances est le président qui, au commencement de l'année suivante, accepta de monter sur le siège délaissé par Gesarini, et les démarches les plus pressantes en faveur du concile furent faites auprès du Régent", de l'Université d'Oxford, des princes, prélats, etc., par le Parlement3 et par

1. Lettre de Philippe le Bon au concile du 7 avril 1432, où il est question de ses démarches auprès du roi d'Angleterre et du cardinal Beaufort (ms. lat. 1575, fol. 70 v° ; ms. 1982, de Douai, fol. 87 v° : Ampliss. collecl., VIII, 105; cf. Monum. Concil., II, 184).

2. Le 5 mars, le chapitre décide que la province de Rouen y sera représentée : nomination d'une commission à cet effet Arch. de Seine-Inférieure, G 2126, fol. 89 v°, 90 r°). L'archevêché étant vacant, le chapitre décide, le 15 mars, que les vicaires capitulaires convoqueront tous les prélats el ecclésiastiques du diocèse pour aviser à ce qu'il y aura lieu de discuter dans le concile de Bàle; les évêques suffragants seront convoqués à Rouen pour nommer, dans le plus bref délai, leurs représentants au concile (fol. 92 v°).

3. Dès le 11 février 1432, le docteur en théologie Pierre Bonin, muni de lettres de créance du concile et de Cesarini remontant au 30 novembre 1 131, avait exhorté le Parlement de Paris à empêcher que le concile ne fût dissous « soubz umbre de certaines nouvelles lettres que on dit estre emanéez de X. S. P. le Pape », en intervenant à cet effet auprès des princes (v. le résumé de son discours, Arch. nat., X la 1481, fol. 50 r°). Le 18 mars, un autre envoyé du concile, le licencié en théologie Nicolas Lami, était revenu à la charge, « en remonstrant la grant utilité et neccessité urgent d'entretenir le dit Concil et, au contraire, les grans maulz, esclandes et inconveniens irréparables, ou détriment de la foy chrestienne, à la très grant honte et infamie du Pape, se, soubz umbre d'une bulle surreptice mal advertie, nagaires par sugestion dyabolique émanée du pape Eugène, le dit saint Concil estoit dissipé, interrumpu et dissolu. Et en pourroit le Pape encourir infamie, et deserviroit d'estre privé de tout honneur, qui redonderoit ou deshonneur et in dedecus fiiioram Ecclesie... » L'orateur avait terminé en demandant aux gens du Parlement de « faire soliciter le Roy et les prelas et ceulx qu'il apparfendra, selon l'oportunité que verront, à fin qu'ilz envoient audit saint Concil » (ibid., fol. 52 v°, 53 r°). Aussi la décision suivante fut prise le 7 avril 1432 : « A esté conclud que la Court envoiera devers le duc de Bedford..., afin que, de son povoir, il lui plaise soy emploier à l'entretenement dudit saint Concil, et faire tant que, de par le Roy, y soient envoiez ambassadeurs, et aussi qu'il lui plaise d'en reseripre aux princes et aux prelas, ainsi que bon lui semblera. » (Ibid., fol. 5 4 v°.)

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