‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 209 sur 396 · L ANGLETERRE FAVORABLE AU CONCILE · texte numérisé non relu

L ANGLETERRE FAVORABLE AU CONCILE

l'Université de Paris '. Il n'est donc pas surprenant que le duc de Bedford, qui avait d'abord fait mine de souscrire aux volontés du pape et transmis à Rouen sans commentaire la bulle de dissolution 2, se soit ressaisi bientôt et ait assuré les pères de sa faveur persistante 3. Il pria le concile d'excuser l'absence de Louis de Luxembourg-, de Févêque de Noyon, de celui de Paris et du fameux Pierre Cauchon, retenus en France par leurs fonctions de conseillers du roi d'Angleterre (7 mars 1432) 4, tandis que ceux-ci, de leur côté, faisaient parvenir à Bâle procu-

1. Officiai correspondence nf Th. Bekynton, II, 10 i. Lettres au concile du 9 février et du 10 avril 1432 (ras. lat. 1573, fol. 53 r°, 123 r° ; ms 198- de Douai, fol. 96 v° ; ms. 987 de Grenoble, fol. 23 v°, 24 v° ; Du Boulay, V, 412 et 413).

2. Lettre du 3 février 1432 au chapitre de Rouen. Protestation de celui-ci (7 février), qui avait été avisé, en même temps, par un message envoyé de Rome (Arch. de Seine-Inférieure, G 2126, fol. 149 v°). — La lettre suivante d'Eugène IV à Bedford fut écrite à un moment où le pape avait déjà des raisons d'appréhender l'adhésion de la France anglaise au concile de Bâle : « Nonnullorum relatione percepimus quod sunt qui sua malignitate conantur et procurant fieri novitates in regno Francie, voluntarias inventiones eorum retorquentesin nos, ut possent pacem Ecclesie pertubare : de quorum perversitate miramur, nec minus de taiitaimpudentiaconlingendi, cura publiée notum sitnos ab ipso principio assumptionis nostre curis gravibus occupatos pro defensione Aime Urbis et statu Romane Ecclesie, et deinde gravi infirmitate gravatos, a qua nec de presenti sumus totaliter liberati, minime potuisse his intendere, nec ea etiam cogitare ; qui pro libito suo nobis imputant et ascribunt cpie fuissent semper aliéna a nostro proposito, si in corporis sanitate fuissemus, animo etiam a negociis ocioso. Nostrumenim desiderium primum erat intendere ad reformationem status ecclesiastici et ad pacem et concordiam procurandam inter reges et principes catolicos, et precipue super contentione que est in regno Francie ; cui quidem desiderio nostro, quod ferventius in dies fit, cito operam dare posse speramus, cura, per Dei graciam, convalescere incipiamus. Nobis enim ignotum non est quantum salutaris et necessaria sit illius regni pax. universo populo christiano. Quare Nobilitalem tuam cum paterna caritate requirimus et affectuose rogamus ut non patiaris fieri novitates et scandala suscitari. Et, si aliqua forte sint propter que Celsitudo regia vel tua Exccllentia perturbetur, super quibus per nos provisio fieri possit, nobis confidenter scribas, vel informari facias dilectum filium noslrum Johannem, tituli S Laurentii presbiterum cardinalem, qui negotia regni et tua consuevit prudenter et fideliter promovere : a quo cum nos erimus informati, quantum cum Deo poterimus, prefate Celsitudini régie et tibi studebimus complacere. » (Arch. du Vat., Armai: XXXIX, t. 6, fol. 167 r°.)

3. Lettre de Bedford au concile du 21 avril [1432] : il a entendu Nicolas Lami, lui a expliqué ses intentions, eta accrédité près des pères un messager spécial, Henri de Bièvre, docteur en droit canon, conseiller du roi et son procureur en cour de Rome pour la France (ms. 987 de Grenoble, fol. 12 v°); cf. J. Haller, II, 95.

4. Ms. lat. 1575, fol. 55 V ; ms. 1982 de Douai, fol. 91 v°; Ampliss. collect., VIII, 59 et (sous la date du 7 mai) 113.

rations et encouragements [. Même empressement de l'autre côté du détroit. Eugène avait invité Henri VI à envoyer ses représentants et sujets à Bologne : on fît répondre par le jeune roi qu'au contraire il comptait les diriger vers Bâle. Henri VI, dans cette lettre, exprimait de la stupéfaction, ne pouvait comprendre qu'on méconnût à ce point les avantages de Bâle et estimait que le pape n'avait d'autre parti à prendre que de tout remettre en l'état (2 juillet) 2. Sur ces entrefaites une députation du concile parvint à Westminster3. A sa demande, on s'engagea à faire partir pour Bâle le plus tôt possible une ambassade comptant parmi ses membres le comte de Huntingdon et l'évêque de Rochester 4 ; on invita le clergé d'Angleterre à se rendre au concile 5. Aux promesses royales le duc de Gloucester 6 et l'archevêque d'York joignirent leurs propres encouragements : la cause de Bâle, à les entendre, était la cause même de Dieu7.

Le patriarche Jean Mauroux écrivait, à ce moment, que l'adhé-

1. Lettre collective du 20 février (ms. lat. 1575, fol. 54 r° ; ms. 987 de Grenoble, fol. 19 v°, et, sans date, Ampliss. collect., VIII, 115).

2. Ms.lat. 1575, fol. 169 r° ; ms. 19S2 de Douai, fol. 125 r° ; Bibl. Laurentienne, plut, xvi, ms. 13, fol. 14 v° ; Mansi, XXIX, 372, et (sans date) XXXI, 132.

3. L'évêque de Lodi, Racelli d'Oro, commandeur de l'Hôpital à Gênes, et Guy Flamechet, prieur des frères Prêcheurs de Chambéry, avaient aussi été accrédités, le 10 mai 1432, auprès du clergé et de la noblesse d'Angleterre (ms. 579 de Dijon, fol. 19 r°). Ils arrivèrent à Westminster peu avant le 12 juillet (Rymer, IV, iv, 182 ; cf. une lettre de Henri VI du 20 mai 1434, dans le ms. 198- de Douai, fol. 356 r°). On peut lire à la Bibl. Bodléienne (ms. Digby 66, fol. 9 v°-ll) un des dis cours prononcés au nom du concile devant le roi et le parlement d'Angleterre.

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