‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 217 sur 396 · Monum. Concil., II · texte numérisé non relu

Monum. Concil., II

dissoudre, mais transférer à Bologne ou dans toute autre ville d'Italie (il n'était plus question dune ville des Etats de l'Eglise); les pères en auraient le choix : on exceptait seulement les états Milanais. Tout ce que le pape réclamait, c'était l'annulation des actes du concile à partir de la première session, et il comptait, de son côté, remettre les choses en l'état. De plus, il consentait à ce que le concile prolongeât encore son séjour à Bâle durant quelques mois, pour y opérer la réduction des Hussites sous la présidence de Cesarini '. Concession importante, puisque, par là, Eugène semblait renoncer au droit de dissoudre les conciles, que Martin V et lui-même avaient toujours revendiqué. Restait à savoir si les pères lui reconnaîtraient plus volontiers le droit de transférer les conciles.

Eugène IV n'allait pas, d'ailleurs, en demeurer là. Dès le 18 janvier 1433, reconnaissant apparemment que cette concession ne correspondait plus aux exigences des gens de Bâle, il fît expédier de nouveaux pouvoirs pour ses ambassadeurs. Cette fois, il prenait comme arbitres les Electeurs de l'Empire, les ambassadeurs des rois, princes et ducs et douze prélats choisis parmi les pères de Bâle, non suspects et surtout n'ayant aucune attache avec le Milanais : il s'en remettait à eux du soin de décider si le concile se tiendrait en Italie ou en Allemagne. Dans ce dernier cas, il acceptait toute ville autre que Bâle, à condition qu'elle fût libre, ou que la seigneurie en fût transportée provisoirement aux mains des pères ; il exigeait seulement que le concile fût placé sous la g-arde des Electeurs, et qu'il ne prît jamais de décision importante s'il ne comptait parmi ses membres au moins soixante-quinze prélats 2. Bien entendu, l'annulation de

1. Ampliss. collecl., VIII, 551; Rinaldi, IX, 131 ; Monum. Concil., II, 335,

2. Dans la neuvième session de Bâle (22 janvier 1433), les prélats n'étaient encore qu'au nombre cle quarante-dsux, en y comprenant les abbés mitres (J. Haller, II. 322 .

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