‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 218 sur 396 · LE CONCILE ENFIN MAINTENU A RALE · texte numérisé non relu

LE CONCILE ENFIN MAINTENU A RALE

tous décrets antérieurs constituait, comme précédemment, une condition inéluctable [.

Sur ces entrefaites arriva l'ambassade collective des Electeurs de l'Empire dont il a été question (29 janvier) 2. Gomme ses nonces, à ce moment, se disposaient à partir, le pape s'avisa que les pères ne goûteraient peut-être pas le compromis qu'il leur offrait : en prévision de ce refus, il autorisa ses envoyés à choisir d'eux-mêmes une ville d'Allemagne différente de Bâle. Il maintenait, d'ailleurs, ses autres conditions (1er février) 3.

Enfin les vives exhortations des princes de l'Empire produisirent leur effet 4. Les cardinaux les plus dévoués à la politique d'Eugène IV comprenaient l'impossibilité de résister plus longtemps. Il n'était pas jusqu'à Giordano Orsini qui ne fût convaincu peut-être par les lettres alarmantes qu'il recevait de Bâle 5. Puis, consciemment ou non, le pape s'inquiétait de l'approche imminente du terme qui lui avait été fixé. Le 14 février, deux jours avant cette échéance, il tint un consistoire public : on y lut une bulle autorisant la tenue du concile à Bâle même.

Les circonstances avaient changé, observait le saint-père : plusieurs des inconvénients signalés avaient disparu ; le nombre des pères s'était accru ; les délégués tchèques allaient venir, ce qui, assurait-il, lui était fort agréable (il ne pensait pas de la sorte un an auparavant). Bref, afin de contenter le roi des Romains et les Electeurs, sur l'avis de ses cardinaux, il décidait que le concile se célébrerait à Bâle. Le synode serait présidé par les légats qu'il allait y envoyer. Les Electeurs garantiraient la sécurité des membres.

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